‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 371 sur 402 · II. - L'ÉLOQUENCE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

II. - L'ÉLOQUENCE RELIGIEUSE

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PORTRAIT DE BOSSUET, Ii.Emant en tête de son Omison funèbre par Ie p, Oelarue, 1704,

P ARCE qu'il étail chrétien, parce qu'il avail Ie goût des analyses morales, parce qu'il aimait les conslruc1ions bien ordonnées et la dignilé d'un ton noble et soulenu, Ie XVII" siècle fut I'âge d'or de I'éloquence religieuse, Elle se dégage lentemenl de la préciosité, du mauvais goûl el de ce désir de briller qui inspirail à un prédicaleur du lemps de Louis XII I. Ogier, sa théorie du Panégyrique : Ogier réclame de l'oraleur (( I'abondance, la richesse, la superAuilé, I'appareil )) ; à I'en croire, un discours doit êlre un lournoi, une II monlre )), qui ne sert qu'à l'oslenlalion, au divertissement. L'abus des cilalions profanes, du mauvais palhétique, des antithèses oUlrées, voilà les défauts que La Bruyère dénonce dans I'ancienne éloquence. Mais grâce à sainl François de Sales, aux prédicaleurs de Port- Royal comme M. Singlin, à ceux de I'Oraloire comme Ie P. Bourgoing el Ie p, Lejeune, grâce au maÎlre de Bourdaloue, Claude de Lingendes, grâce à sainl Vincent de Paul el à ses conférences de Sainl-Lazare, I'éloquence de la chaire finit par re1rouver la simplicité, Ie II ton commun et familier )) que 1\1. Vincenl recommandail, parce que, disail-il, II Notre-Seigneur a lui-même enseigné et prêché de la sorte )).

On pourrail trouver Ie signe de ces progrès, el aussi des vestiges des défauts de la période antérieure, dan I'éloquence de Mascaron (1634-1703), évêque de Tulle en 1671, puis d'Agen en 1679. Comme Bossuet, il prononça I'Oraison funèbre d'Anne d'Autriche, et comme Fléchier, celie de Turenne. Mais son arl e1 sa conception de I'éloquence sont encore de I'âge qui précède Fléchier et la grande époque de Bossuet.

C'esl avec Ie règne de Louis XIV que I'éloquence religieuse s'épanouit, belle de I'unité du goûl classique et de la diversité des génies. Les génies en effel sonl divers, et, pour ne re1enir que les quatre plus grands noms, nous discernerons sous les ressemblances exlérieures des lrails distinc1s chez Bourdaloue, Fléchier, I\lassillon, et chez celui qui les domine, Bossuet.

Bossuet

:; jacques-Bénigne Bossuet est né à Ðijon, Ie 27 septembre 1627. II fut é/evé au col/ège des jésuites de celie vil/e. A la fin de 1642. il vint à Paris, au Col/ège de Navarre.

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