‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 38 sur 402 · ëß ..2 '-1".::: E · texte numérisé non relu

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Quand les jours sont longs en mai, il me plait d'entendre Ie doux chant des oiseaux, lointain: et quand je me suis éloigné, il me ressouvient d'un amour lointain. Je m'en vais tristement, front bas: et ni chant, ni lIeur d'aubépine ne me fait plus de ylaisir 1 ue I'hiver glacial.

Je tiens e seigneur pour vrai, gui me fera voir l"amour lointain; mais pour un bien que j'en reçois, j'en ressens deux maux, car iI est si lointain! Ah! puissé-je être pèlenn là-bas, que mon bourdon et mon esclavine puissent être regardés de ses beaux yeux !

Je connaitrai bien de la \ 'oie 'juand je lui demanderai, pour I'amour de Dieu, Ie gite lointain; et, sil lui p ait, Je me logerai près d'elle, quoique , aujourd'hui je sois .lointain: al,?rs 1l.\Ut\C\,(cÇ p1(

Ull.\I1, quels beaux entrellens, quand I a- mant de là-bas sera si voisin quïl - i::

jouira des propos doux et suaves !

J em' en séparerai triste et joyeux, si je Ie vois, ramour lointain: mais je ne sais quand je Ie verrai, car nos pays sont trop lointains : il y a tant de chemins et de sentiers quej n'ose prédire... A la grâce de Dleu !

Jamais plus je ne jouirai d'amour si je ne jouis de cet amour lointain; car je ne connais plus noble ni meilleur objet. ni proche, ni lointain, Si parfaite et si pure est sa valeur, que je voudrais là-bas, au pays des Sarrasins, être captif pour elle, Que Dieu, qui a créé tout ce qui va et vient et qui a formé cet amour lointain, me donne Ie pouvoir lear j'en ai ]a volonté) de voir cet amour lointain, véritablement, enceslieux si beaux que lachambre et Ie jardin me semblent toujours un r alais !

I dit vrai, celui qui m'appelle avide et désireux d'amour lointain, car nulle autre joie ne me plait autant que la possession de I'amour lointain. Mais ce que je veux m-est refusé; car man panain m 9 a voué ce sort d'aimer et de ne pas être aimé.

Mais ce queje veuxm'estrefusé, Ah ! maudit soit Ie parrain qui m'a voué ce sort de n'être pas aimé I

1\ est visible que celie chanson relève de la même école savante, applique les mêmes principes métriques que la chanson du Châtelain de Coucy : sept couplets de sept vers, suivis d'un envoi, tous divisés en périodes de quatre et de trois vers, tous I( unissonans )), c'est-à-dire construits sur lesmêmesrimes, avec répétition du même mot (lonh) au deuxième et au q uatrième vers de chaquecouplet. tous liés entre eux par la rime esparsa du dernier vers, et renvoi reprend à la rime les trois mots qui terminent les trois derniers vers du dernier couplet.

On retrouve aussi dans celie chanson la même gravité de ton. la même subtilité d'inspiration que dans la chanson du Châtelain, Cest die qui a suggéré la légende célèbre : Jaufré Rudel se serait épris. sans ravoir jamais vue, d'une Princesse lointaine. et aurait. selon I'expression de Pétrarque. (( usé de la voile et de la rame pour chercher sa mort )).

Bien des poètes. de Swinburne à Carducci et à Rostand, ont redit celie légende. mais jamais elle n'eut tant de char me qu'en cette a'ltique bioFraphie, composée au XIII" siècle :

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Aimeric de Peguillan (B. N.. ms. fr. 12473).

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Bernard de VentadoudB. N.. ms. fr.12473),

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