V. - DIVERS POÈTES CONTEMPORAINS DE LA FONTAINE
:; (Euvres de Segrais: Athis, pastorale, 1653; Diverses poésies, 1658; <Euvres diverses, /723. Voir Brédif, Segrais, sa vie et ses ouvrages, 1863, <Euvres de Benserade, publiées en 1697 (avec la vie de l'auteur, par l'abbé T allemant). Poésies de Benserade, publiées par Octave Uzanne, 1875.
Poésies de M"" et de Mil" Deshoulières, publiées de 1707 à 1711, Voir Sainte-Beuve, Portraits de femmes. Poésies de Chaulieu et de La Fare, Amsterdam (L on), 1724.
Voir Sainte-Beuve, Premiers Lundis, tome I.
Segrais Jean Regnault de Segrais est né à Caen en 1624, 1I avait été destiné à I'état ecclésiastique, mais il préféra se consacrer aux lettres, Pendant vingt-quatre ans il fut Ie secrétaire de Mile de 1\10ntpensier, 1I la suivit en exil dans Ie château de Saint-Fargeau et signa pour elle deux romans : la Relation de l'ile imaginaire et la Princesse de Paphlagonie. Mais il se brouilla avec elle lorsqu'elle se refusa à suivre Ie conseil qu'illui avait donné, de renoncer à Lauzun. 1\1 me de La Fayette lui témoigna beaucoup d'amitié, et comme il n'était pas alors convenable qu'une femme de qualité fÎt métier d'auteur, il prêta son nom à Mme de La FayeUe, com me il l'avait déjà prêté à !\tile de Montpensier : c'était une vocation. Zaïde et la Princesse de Clèves ont paru sous Ie nom de Segrais. Cependant ce Normand avait la nostalgie du pays natal; puis il devenait sourd, puis une de ses parentes fort riche se montraÏt disposée à I'épouser; bref il retourna à Caen et y passa une vieillesse gaie et studieuse; il y mourut en 170 I. II avait traduit I' E;néide et les Géorgiques en vers français, composé un poème pastoral. Athis, et quelques E;glogues, qui sont Ie meilleur de son æuvre. C'est là qu'on peut découvrir quelques vers charmants, d'une grâce et d'une Auidité toutes virgiliennes, car il avait plus de talent pour imiter que pour traduire,
Benserade
Benserade a passé pour un véritable poète. Nulle aventure ne peut mieux montrer I'empire de la mode sur Ie goût du public, L'abbé Tallemant disait qu'en son temps on regardait comme (( originaux )) trois poètes, (( savoir : Corneille, Voiture et Benserade)), Mme deSévigné écrivait : (( On ne fait point entrer certains esprits durs et farouches dans Ie charme et dans la facilité des ballets de Benserade et des fables de La Fontaine... )) Boileau, dans l'Art poélique, louait Benserade d'avoir (( amusé les ruelles )) en faisant chanter la gloire du roi (( par la bouche des belles)), Bref les contemporains voyaient