‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 41 sur 402 · VI. - LES FABLES ET LE ROMAN DE RENARD I. - Les Fables · texte numérisé non relu

VI. - LES FABLES ET LE ROMAN DE RENARD I. - Les Fables

Divers Isopets ont été publiés par Ulysse Robert, Fables inédites des XII c , XIII" et XIye sièdes, 2 vol., /825; I'Isooet de Lyon, par W. Foerster (Altfranz::siche Bibliothek, t. V); les Fables de Marie de France, par Roquefort, /825, et par WGlnke, die Fabeln der Marie de France (Bibliotheca normannica), /898, Voir Léopold Hervieux, les Fabulistes latins depuis Ie siède d'Auguste jusqu'à la lin du moyen âge, 2< éd., 5 vol., /883-/898.

O N a beaucoup cultivé la fable en France, à partir du XIe siède, Elle plaisait aux dercs, parce que son caractère allégorique répondait à deux tendances de leur esprit: Ie besoin de moraliser, et Ie goût d'interpréter les choses selon leur (( segniliance II spirituelle. Elle a obtenu un vif succès dan les milieux ecdésiastiques ; et les sermons des prédicateurs, qui en faisaient grand usage, ont assuré sa diffusion, C'était un héritage des Anciens; un héritage de Phèdre, et d'un autre fabuliste latin, celui-Ià de basse époque, nommé Avianus, lequel devait beaucoup à Ésope, Du recueil d'Avianus nous possédons quatre remalliements en latin exécutés au moyen âge, ainsi qu'une traduction française, Le recueil de Phèdre a eu d'innombrables dérivés; un remaniement en prose, composé au yC ou au YI" siède par un écrivain qui s'est paré du pseudonyme bizarre de Romulus Imperator,

a supplanté I'or;ginal et a donné naissance à une foule d'autres r(cueils latins, dont plusieurs ont été traduits en français sous Ie titre d'lsopets - hommage rendu à I'ancêtre lointain de Ioute la lignée, L'un de ces recueils dérivés, que I'on désigne sous Ie nom de Romulus Nilanlii, s'est enrichi au XI" siède d'une grande quantité de fables de provenances diverses, et pour une part orientales, Grossi de la sorte, il Iut traduit en anglais, et faussement attribué au roi Alfred, C'est d'après cette traduction anglaise que Marie de France a composé son I sopet français, II y aurait quelque injustice à évoquer, à propos de ce timide essai, I'æuvre de La Fontaine; au contraire, nous devons écarter de notre mémoire Ie souvenir de (( I'ample comédie aux cent actes divers)), si nous voulons garder notre libertéde jugement. Les personnages que Marie de France met en scène ont peu de vie: et ses enseignements, même quand ils lui donnent l'occasion d'évoquer les mæurs contemporaines, n'ont guère de force expressive. Mais faut-il tant lui demander? Elle a Ie mérite de conter dairement; elle formule ses leçons avec netteté; ses récits ne manquent pas d' une élégance un peu sèche: et ses gaucheries même ont leur charme : comme on aime, pour I'effort qu'ils traduisent, les tableaux des primitifs.

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