LE RO\1AN DE RENARD
tout, iI y a plus d'un prud'homme qui n'est jamais alléjusqu'à la ville sainte. Sans accomplir Ie pèlerinage commencé, il s'amendera, vivra de son travail, et même fera du bien aux pauvres gens. Poussant Ie cri des pèlerins : outrée! outrée! Renard, Bernard et Belin se mettent sur la voie du retour.
On ne finirait pas de redire ces savoureuses histoires; iI faut s'arrêter cependant. Aussi bien en retrouverons-nous quelques-unes, quand nous arriverons au XIII C siècle, et que nous suivrons jusqu'à son épuisement la tradition du Roman de Renard, Celles-ci, qui sont les meilleures, ont diverti des générations entières: et, aujourd'hui même, elles gardent encore leur spécifique vertu. Mises en français moderne, et élaguées comme il convient, e1les font rire les petits, qui aiment voir (( engeigner II les lourdauds, et aussi les malins, dès qu'ils abusent de leur malice. l\1ais qui les lit dans leur texte ancien, et sans coupures, ne perd pas sa peine: c'est toute la gai té traditionnelle de la race qui, du fond des vieux âges, monte jusqu'à lui.