‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 48 sur 402 · VII. - LES PLUS ANCIENS CHRONIQUEURS · texte numérisé non relu

VII. - LES PLUS ANCIENS CHRONIQUEURS

Geffrei Gaimar, I'Estorie des Engles, edited by... Duffus- Hardy and Charles Trice Martin (Rerum britannicarum medii ævi scriptores), 2 vol" 1888, 1889, - Le Roman de Brut, par Wace, p. p. Le Roux de Lincy, 2 vol., Rouen, 1836. - Le Roman de Rou, par Wace, p, p. Hugo Andresen, 2 vol., Heilbronn, 1877, 1879. - Der Münchener Brut, herausgegeben Von C. Hofmann und K, V ollmoeller, Halle, 1872. - La Chronique des ducs de Normandie, par Benoit de Sainte-Maure, p. p, Francisque Michel (collection de Documents inédits pour servir à I'histoire de France), 3 vol., 1836-1844. - La Chronique de Jordan Fantosme a été publiée par Fr. A1ichel, en appendice à son MitlOn du poème de Benoit de Sainte-Maure, - L'Estoire de la guerre sainte, par Ambroise, p. p. G. Paris (Documents inédits pour servir à I'histoire de France), 1897.

U Ncertain Richard Ie Pèlerin, qui avait pris part à la première croisade, I'avait racontée en verso Cet antique poème a malheureusement péri, et d'ailleurs l'initiative de son auteur est restée isolée, n'a porté aucun fruit. II y a là de quoi surprendre. Les croisés de 1096, de 1147, de 1189, ont assurément dû expédier de Palestine et de Syrie de nombreuses lettres en français : des lettres privées, des lettres ouvertes écrites à des fins de propagande, des (e communiqués )1, L'usage de ces correspondances aurait dû, semble-t-il, induire de bonne heure les laïques à composer en langue vulgaire des mémoires, des chroniques. II n'en fut rien pourtant. La tradition I'emporta, qui réservait aux seuls clercs écrivant en latin Ie haut privilège de retracer les événements de la vie nationale. Et s'il se rencontra à I'extrême fin du XII" siècle un jongleur, Ambroise, pour écrire en vers français une relation de la troisième croisade, c'est que ce jongleur, Normand et sujet de Richard Cæur de Lion, avait trouvé, non pas en France, mais en Normandie et en Angleterre, des devanciers, des inspirateurs, Seuls en effet, au XII" siècle, les ducs de Normandie, rois d'Angleterre, et les hauts seigneurs de leurs domaines ont provoqué des travaux d'historiographie en français. Déjà la veuve de Henri Ie. d'Angleterre, mort en 1135, avaitfaitcomposer, par un rimeur nommé David, une biographie de ce roi, aujourd'hui perdue. C'est peu de temps après, entre 1147 et 1151, que Geffrei Gaimar écrivi t en six mille octosyllabes, à la requête d'un baron anglo-normand, son Estoire des Englès. Un autre rimeur d'Angleterre, Jordan Fantosme, chanta en laisses monorimes la guerre menée en 1173-1174 contre Guillaume, roi d'Écosse, par Henri II. Et Henri II suscita aussi, pour propager la gloire de sa maison, à la faveur d'ouvrages en langue vulgaire, deux historiographes, Wace et BenoÎt de Sainte-Maure. Wace, né dans l'ile de Jersey vers I'an 1100, avait étudié à Paris, II devint à Caen (( clerc lisant II (on ne sait pas au juste ce que signifie ce titre), puis, entre 1160 et 1170, chanoine à Bayeux, II mourut vers 1175, Nous avons conservéde son æuvre, qui dut êtreabondante et variée, plusieurs Vies de Saints en vcrs, et deux grandes compositions historiques, Ie Roman de Brut et Ie Roman de Rou, II est Ie plus ancien littérateur de métier sur lequel on ait quelque information, II travaillait pour de riches amateurs qui Ie payaient : .. Je parol a la riche gent Ki unt les renles et rargent, Kar pur eus sunt Ii livre lait E bon dit fait e bien retrait,.. " et souvent il exprime son souci de (( gaaignier I . Mult m'est dulz Ii travails, quan! jo cui! cunques!er, "

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