‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 49 sur 402 · LE MOYEN AGE · texte numérisé non relu

LE MOYEN AGE

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LE CHATEAU DE FALAISE, où naquit Guillaume Ie Conquérant,

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Son Roman de Brut (ou de Brutus, prétendu héros éponyme des Bretons) est un vaste poème de plus de 15000 octosyllabes, qu'il dédia en 1155 à la reine Éléonore. II y retrace la I( Geste des Bretons)), depuis Ie siège de Troie jusqu'à la ruine de l'indépendance bretonne Ce n'est qu'une libre traduction d'un ouvrage latin célèbre, I'Historia regum Britanniæ de Gaufrey de Monmouth, clerc gallois, qui mourut évêque de Saint-Asaph en J J 54, Gaufrey de Monmouth avait rassemblé dans ce livre une foule de fictions, prises à des textes plus anciens, à I'Historia Britonum de Nennius (X" siècle), entre autres : Ie premier, il y avait développé, par exemple, la légende de Merlin et celie du roi Artur. L'aisance, la vivacité, l'agrément de son traducteur Wace, firent assurément beaucoup pour son succès, C'est du Roman de Brut principalement que dérivent une foule de beaux contes et plusieurs beaux romans français, à commencer par ceux de Chrétien de Troyes.

Après Ie Roman de Brut, Wace composa Ie Roman de Rou (c'est-à-dire de Rollon), qui est une histoire des ducs de Normandie, II écrit, dit-il,

Pur remembrer des ancessurs Les diz e les faiz e les murs',

.. les mæurs.

Ses récits reposent sur les chroniques de Dudon de Saint-Quentin, de Guillaume de J umièges, de Guillaume de Malmesbury, etc, ; mais il apporte aussi quelques traits originaux, anecdotes et historiettes, Sa façon de conter est fort séduisante. Son style sobre, ses vers bien frappés, sa rhétoriqueà la latine recueillaient les suffrages des connaisseurs, qui lui répétaient (c'est lui du moins qui l'atteste) :

(( V us devriez tuz tens escrire 9 Ki tant savez bel e bien dire... >>

Pourtant, il trouvait qu'on lui ménageait moins l'éloge que l'argent, Le roi Henri I I, l'ayant encouragé à entreprendre son Roman de Rou, lui avait donné en récompense, tandis qu'il y travaillait encore, une prébende à Bayeux, Mais la faveur royale se détourna de lui. Vers l'an 1170, Henri II chargea l'illustre auteur du roman de Troie, Benoît de Sainte- Maure, de composer, lui aussi, une histoire des ducs normands, A la nouvelle de cette concurrence, Wace se découragea : il a laissé inachevé, l'arrêtant à la bataille de Tinchebray (1106), son Roman de Rou, L' Histoire des dues de Normandie, de son rival, Benoît de Sainte-Maure, qui ne comprend pas moins de 43000 octosyllabes, n'est, die aussi, qu'un exercice de traduction et d'adaptation des chroniques en latin : Ie roman de Wace est plus agréable,

Ambroise, auteur de l' Histoire de fa guerre sainte, était originaire d'Évreux, donc sujet de Richard Cæur de Lion. II fut, vraisemblat blement, jongleur de profession, II avait pris part à la troisième croisade : il l'a racontée pour faire connaître les souffrances et les déceptions des pèlerins et pour célébrer les vaillantes actions de tande bons chevaliers, du roi Richard principalernent. Son poème, qui compte plus de 12000 vers octosyllabiques, est une æuvre de bonne foi. On éprouve, à Ie lire, l'impression qu'on a sous les yeux les faits eux-mêmes, palpables, immédiats, authentiques, II émeut par cet accent de vérité, et aussi parce qu'il retrace avec une simplicité saisissante les pensées, les sentiments des plus humbles croisés. II était des leurs, corn me eux de chétive condition. Les conseils des princes lui étaient fermés, mais il connaissait, il ressentait à merveille les passions des petits, Dans tout son poèrne vibrent leur foi, leur désir d'atteindre Jérusalem, et, pour l'atteindre, leur consentement à tous les sacrifices: I( Qui Dieu sert. rien ne lui coste. )) Cette ardeur naïve se dépite à voir Ie succès compromis par les rivalités entre chefs, par la lenteur de leurs calculs, et, quand il lui faut rapporter quelque scène scandaleuse où se sont heurtés des intérêts opposés, il met une sorte de pudeur à Ie faire et Ie fait au plus bref. Souvent, au contraire, cette même ardeur et cette même naïveté éclatent en transports soudains, pour une joie fugitive, pour une espérance à peine entrevue : ainsi quand un jour, à ('issue d'une assemblée de hauts barons: Ie bruit s'élève qu 'ennn ils vont ordonner la marche vers les Lieux Saints. La nouvelle court

E vient as genz de I'ost et conte Que Ii haut home et que Ii conte AI parlement tuit dit aveient Que Jersalem asejereient, I::th vos' en rost joie venue Et en grant gent et en menue Tel esperance et tel leece', Tel luminaire et tel noblesce, Qu'en rost n.aveit nul cristien, Haut ne bas, joesne n 9 ancien, Qui n' esjoïst od grant desrei', tors sulement Ie cors Ie rei' Qui point ne sïert esleeciez 9 Ains se chocha' tot cOleciez Des noveles <J..U ïl ot oïes; Mais de rost les gens esjoïes Esteient si que tanl dancierent Qu'après mie nuit se cochierent.

En un certain sens, Ambroise a vu les choses par Ie dehors, puisqu'il n'était pas en situation de découvrir les ressorts secrets des événements, et par là il est inférieur à Villehardouin, à Joinville, Mais par sa sincérité, il n 'est pas moins, comme eux, un véritable historien, leur digne précurseur.

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LE CHEVALIER AU CYGNE. - Manuscrit de la Bibliothèque de J'Arsenal, 3139 (daté de 1268),

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MOYEN

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