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I. - TRANSFORMATIONS DES CHANSONS DE GESTE I. - Le Cycle de la Croisade
La Chanson d'Antioche, p.p. Paulin Paris, 2 vol" 1848; la Conquête de ]érusalem, p.p. Hippeau, 1868. - Le Chevalier au Cygne et Ie Roman de Godefroi de Bouillon, p.p,
Hippeau, 2 vol., 1874-1877 ; remaniement de ces deux poèmes : Ie Chevalier au Cygne et Godefroi de Bouillon (XIV" s.), p.p. de Reiffenberg, Bruxelles, 2 vol., 1846-1848; la Naissance du Chevalier au Cygne, p.p, H. A. Todd, Baltimore, 1889: Baudouin de Sebourg, p,p. Bocca, Valenciennes' 2 vol" 1841 ; Ie Bastart de Bouillon, p.p. A, Scheler, Bruxelles. 1877.
Voir A. Pigeonneau, Ie Cycle de la Croisade et la famille de Bouillon. Saint-Cloud, 1877,
L ES Croisades. de même qu'elles ont donné lieu à des compositions de caractère historique, ont fourni la matière de poèmes OÙ les événements réels ont été élaborés avec plus ou moins de fantaisie. La forme littéraire qui a été adoptée dans ces poèmes est celie des chansons de geste, auxquelles les auteurs ont emprunté non seulement leur formule rythmique, mais aussi des thèmes traditionnels et Ie tour du style.
Un premier groupe est constitué par la Chanson J' Antioche et la chanson de la Conquête de /érusalem, qu'écrivit Graindor de Douai au début du XltI e siède. Dans ces deux chansons, qui traitent de la première Croisade depuis ses origines jusqu'à la prise de la ville sainte, I'histoire est très profondément ahérée. sans que I'auteur ait tiré d'effets heureux de la liberté d'invention quïl s'est accordée ; il n'a peint que bien médiocrement Ie grand élan de foi qui anima les premiers croisés, et seuls dans son æuvre présentent un ré 1 intérêt les passages com me Ie récit des sièges d'Antioche et de ]érusalem, OÙ subsiste quelque chose de la vérité historique: encore doit-on noter qu'ici Graindor avait probablement pour modèle un poème antérieur, aujourd'hui perdu, celui de Richard Ie Pèlerin, Dans un second groupe d'ouvrages, les traces d'histoire qu'on pouvait relever chez Graindor ont complètement disparu : ce sont des romans de pure imagination. Plusieurs sont consacrés au prince qui avait été Ie héros de la première Croisade, Godefroi de Bouillon. C'est à sa personne et à I'histoire de sa famille que se rapportent les deux chansons du Chevalier au Cygne et de GOde/TOi de Bouillon, écrites au début du XItI" siède, et celie d' Elioxe ou de la Naissance du Chevalier au Cygne, écrite un peu plus tard. On sait par divers témoignages que c'était une ambition des families féodales de voir leur nom figurer dans des æuvres littéraires, chroniques ou romans: ici, sous l'inAuence de cette préoccupation généalogique, c'est toute une légende qui s'est échafaudée en I'honneur de la maison de Bouillon. Probablement d'origine normande, elle raconte comment