LE MOYEN AGE
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ignorer du monde et de la chevalerie. 1\1als, devenu grand, Perceval rencontre un jour dans une clairière cinq chevaliers: Ie vcrt, Ie vermeil. I'or, I'azur et l'argent de leurs armes resplendissent au solei!. II a cru voir des anges de Dieu. En peu dÏnstants il apprend d'eux tout ce que sa mère avait tant peiné à lui cachero En vain elle Ie supplie : il veut partir vers (( Ie roi qui fait les chevaliers )), Artur: il part et sa mère en mourra. Le roi Artur accueille avec amusement Ie valet violent et pur, qui bientôt s'éveille à la prouesse et à I'amour. Après de premières aventures, iI en rencontre une autre, très mystérieuse.
Un jour quÏI chevauche, désireux de retrouver la voie vers Ie château de sa mère, qu'il voudrait revoir, et comme il se cherche un logis pour la nuit, iI parvient au bord d'une rivière. Sur une petite barque, deux hommes sont assis: l'un gouverne la barque; l'autre, très vieux, pêche à rham çon, Le pêcheur lui indique sa route jusqu'à un château où on l'hébergera. II y arrive; la porte s'ouvre dès quïl approche, II est reçu magnifiquement dans une vaste salle, peuplée de chevaliers, par Ie seigneur du lieu, un vieillard vêtu de pourpre, Ce vieillard est étendu sur un lit : une blessure ancienne, dont iI souffre sans cesse, I"y retient. II n'en fait pas moins grand accueiI à son hôte, et solennellement ceint à son Ranc une épée, sans lui dire d'ailleurs ce qu'il attend de lui. Or, voici que dans la salle, OÙ tous soudainement ont fait silence, entre un (( valet n porteur d'une blanche lance, dont la pointe saigne : deux autres valets I"escortent, qui portent des cierges allumés. Vient ensuite une jeune fille : elle porte un (( graal n, c'est-à-dire un vase, fait d'or pur, constellé de pierreries, rayonnant de splendeur; puis vient une autre demoiselle, qui porte un plat d'argent. Le cortège traverse la salle et disparaÎt. Perceval a contemplé ces merveilles sans dire un mot. Par (( niceté)), iI nÏnterroge pas. On I"assied à une table richement servie, il mange: on Ie mène à une belle chambre, il se couche et s'endort. Au matin, iI trouve ses vêtements et ses armes tout apprêtés pour son départ, son cheval tout sellé, mais pas un valet. pas un sergent à qui il puisse parler.
Le château semble dépeuplé. Des mains invisibles abaissent devant lui Ie pont-levis. puis Ie relèvent, dès qu'il I"a franchi. II repart. Bientôt il apprendra par une messagère non moins mystérieuse qu'iI a commis une grave faute en se taisant cc soir-Ià. L'homme qui pêchait, lui apprend-elle, et Ie vieillard blessé ne sont qu'un même personnage, Ie Roi Pêcheur, Ie (( Roi mehaignié )), qui depuis des années attend qu'on Ie guérisse. Si Perceval avait posé une seule question, sÏI avait demandé (( de quoi sert Ie graal )), il aurait mis fin aux souffrances du roi, provoqué des bonheurs sans nombre, acquis la plus haute gloire.. .
L'aventure ne se dénoue pas, et l'on ignore comment Chrétien de Troyes, que la mort a empêché d'achcver son roman, I'eût dénouée. On entrevoit seulement que la scènc qui s'est déroulée au château du Roi Pêcheur est une scène dÏnitiation manquée et que les mystères auxquels Perceval a failli être initié étaient, dans la pensée du poète, des mystères chrétiens. Car il est un passage du roman (vers 6384 et suivants) où iI est dit que Ie Roi Pêcheur prend pour toute noutriture une hostie, quÏI reçoit du Graal :
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LETTRES ORNÉES DU ROMAN DE Lance/at. -(Manuscr;t appartenant à M. Henry); ates Thompson.)
Que ja mais n'avera s'amie.
D'autre vengeance n'a il mie; Mais par la soie grant grevance Est sur Guinglain ceste vengeance Que ja mais jou n'en parlelai T ant que Ie bel sanblant avrai, J) I\lais sans doute la dame de Renaud demeura-t-elle inRexible : car Ie poème n'a pas eu de suite, et c'est pourquoi Gu:nglain est resté auprès de Blonde Esmerée.