‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 66 sur 402 · LES ROMANS COU RTOIS · texte numérisé non relu

LES ROMANS COU RTOIS

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GALAAD, PERCEVAL ET BOHORT vénèrent Ie Saint Graal (B. N., ms. fro 112, fin du xv" siècle),

grand brouhaha de gens affairés, de fourriers qui se chamaillent; bientôt ce ne sont partout que lumières aux fenêtres, chants, musiques, joyeux propos. Les succès de Guillaume, qui s'illustre au tournoi entre tous les chevaliers, lui valent de plus en plus l'amitié de Conrad: n'y tenant plus, Conrad lui déclare quïl veut épouser sa sæur. C'est alors que Ie mauvais sénéchal d'empire monte contre lui une machination : ayant appris par la trop simple mère de Liénor que la jeune fille est née marquée à la cuisse d'un signe naturel, une rose, Ie sénéchal abuse de ce secret: il assure qu'dle s'est abandonnée à lui, Un grand désespoir s'empare de Conrad et de Guillaume, Mais Liénor avertie accourt à Mayence. Elle y arrive, toute troub ée, au milieu des habitants en liesse : car c'est Ie jour où ils célèbrent la venue du printemps, On a (( quêté Ie mai II dans les bois, à pleins bras on a rapporté rameaux et g:aïeuls; les pig nons en ont été enguirlandés, les murs se sont tendus de courtines, Ie sol est jonché de verdure et de Heurs. Au milieu de la fête, en magnifique équipabe. Liénor vient, et tous, la voyant si belle, s'écrient : (( Voilà Mai ! voilà l\1ai! )) Secrètement dIe fait tenir au sénéchal une ceinture, en lui faisant croire que c'est un présent d'amour d'une belle dame, la châtelaine de Dijon, puis aussitôt l'accuse de lui avoir fait violence et de lui avoir dérobé sa ceinture. Le sénéchal, innocent sur ce point, nie. Alors, à la demande de la plaignante, on lui applique l'épreuve de l'eau : il va droit au fond de la cuve d'eau bénite; c'est la preuve quïl est innocent, mais du même coup - et c'est à quoi dIe en voulait venir - la preuve qu'elle l'est aussi. Le traÌtre est confondu. Ala grandejoie de tous, Conrad épouse la belle Liénor. Le roman de l' Escouf/e rap;:>elle, par certains côtés, Floire ct Blanchef/or, Galeran, et, par d'autres, Ie conte oriental de l'oiseau voleur, qu'on trouve aussi dans les Mille et une nuits. Ce qui en fait Ie charme, ce sont de menus tableaux de la vie intime : scènt's fami.ières, bros ées avec eS;Jrit, esquisses légères de caractères, études psycho!ogiques tracées d'une pointe aiguë.

Ces mérites se retrouvent dans Ie Lai de /'Ombre. Un chevalier rend visite à sa dame. ilIa requiert d'amour, elle se défend : en ce tournoi galant les adversaires croisent avec art les propos subtiis. Au cours de la vive et gracieuse qu::relle, Ie chevalier a réussi à passer son anneau au doigt de la dame, sans qu'elle s'en soit aperçue. Puis il la quiue, Elle voit I anneau à son doigt, s'indigne, rappelle l'audacieux, Ie

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