LUN DES MUSICIENS DE LA MAISON DES MÉNÉTRIERS, A REIMS
Cependant ce matérialiste a composé plusieurs chansons, où il dit, lui aussi, sa peine d'amour, glorifie les vert us de sa dame, célèbre la douceur de souffrir, en des strophes que n'eût pas désavouées Ie po te courtois Ie plus délicat :
Qui bien vuet d'amors joïr, Si doit soli", Et endurer Qank'ele Ii vuet merir" ; .accorder. Au repentir Ne doit pan.er, C'om puet bien, tot a loisir, Son boen desir A point mener, Endroit de moi- criem umorir -quantàmoi. ..jecrains. Mieus quegarir Par bien amer,
Mais son originalité, c'est quïl ne se prend pas au sérieux. II raille, iI joue. Amuseur de profession, il chante d'amour pour amuser, parodiant les amants courtois, En telle chanson ii crie m rci à Amour, qui Ie fait mourir; mais voici la strophe finale, adressée à la dame: Ma bele douce arnie, La rose est espanie :
Desouz rente ßorie La vostre compaignie Mï fet mult grant aie.. 'assistance.
Vos serez bien servie De crasse oe. rostie .. Die grasse.
Et bevrons vin sus lie, Si merrons bone vie.
C'est pourquoi on a dit justement que la poesle de Colin I\lust't était (I en marge de la poésie courtoise )), I\Iais il faut aller plus loin: elle est une parodie de la poésie courtoise, où I'amour de la dame est éclipsé par celui des grasses victuailles, ... porc et buef et mouton, Maslarz., faisanz et venaison, 'canards sauvages, Grasses gelines et chapons Et bons fromages en glaon'. . panier d'osier,
CHANSONNIERS COURTOIS - Th.baud. comte de Bar; Gautier de Dargies, Maurice de Craon et maître Guillaume Ie Vinier, bourgeois d'Arras. - Lettres ornéesdu ms. de la B. N, fr.844. (Fin du XIII C siècle.)