‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 88 sur 402 · LA GRAM MAIRE ET DONAT · texte numérisé non relu

LA GRAM MAIRE ET DONAT

Stalues sculptées vers ran 1150 au portail vieux de la Cathédrale de Chartres. - Les Sept Arts ouvrent sept voies (triVium et quadrivium) à I'activité humaine. S'inspirant d'un traité de Martianus Capella, grammairien du v e siècle, les pOt-tes et les artistes du moyen âge se sonl représentés les Sept Arts sous les trails de sept vierges majeslueuses. Au

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LA DIALECfIQU E ET ARISTOTE, portail de Chartres. on voit. au-dessous de chacune d'elles, un homme assis. qui écrit ou qui médite: Donat accompagne la Crammaire. Arislote la Dialectique, Cicéron la Rhétorique. Boèce I'Arithmétique. Euclide la Céométrie. Plolémée I'Astronomie. Pythagore la Musique (Voir f.mile Mâlr, rArt rc/igieux du XUI siècle en France),

qUI Y pénètrent, ce sont les hommes; la lionne, c'est sainte I\larie: Ie lionceau, Ie Christ; Ie rugissement du lion, c'est la vertu de Dieu qui a fait ressusciter J ésus; la panthère, c'est Jésus-Christ; Ie dragon, c'est Ie diable. Et Ie reste à I'avenant.

C'est une impression d'étonnante naïveté que laisse I'æuvre de Philippe de Thaon, surtout quand on a eu I'occasion de voir tel manuscrit du Bestiaire, avec les iI:ustrations soigneuses auxquelles Ie texte renvoie. Les petits vers de six syllabes, unis deux à deux par la rime, qui ont servi pour Ie Comput et Ie Bestiaire (Ie Lapidaire est écrit en octosyllabes et la partie du Bestiaire consacrée aux pierres, de même), ce style sec, pfnible, qui se heurte, toutes les six syllabes, aux næuds de la rime, font penser à un travail au couteau sur du bois de cornouiller. Et quelle étrange attitude d'esprit que celie de I'auteur! On dirait qu'i1 n'a jamais ouvert les yeux pour regarder autour de lui. II a lu dans la Bible la page relative aux douze gemmes et, probablement dans un abrégé, la leltre du pseudo-Evax, roi des Arabes, à Tibère, qui n'était en réalité qu'une version latine du traité grec de Damigeron sur les minéraux : voilà les sources du Lapidaire. II a lu Ie Ph))siologus, traduction d'un ouvrage alexandrin, OÙ était appliquée à divers animaux l'interprétation allégorique dont la Bible contenait Ie germe; iI a lu aussi Ie Liber monstrorum, OÙ ont été recueillies vers Ie Ix e slècle diverses traditions relatives à des êtres fabuleux : voilà les sources du Bestiaire. Fidèlement il a répété ce qu'il trouvait écrit dans ses modèles, traçant ses figures et taillant ses petits vers avec la gravité laborieuse d'un homme qui n'ignorait d'ailleurs pas certains principes de I'art d'écrire, Dénué du souci d'observer, il n'a pas une inquiétude, pas un scrupule; il n'éprouve pas Ie moindre sentiment de défiance à I'égard des II autorités )) qui I'ont informé; des mystifications de Grecs

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