LE HOMA DE LA ROSE
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LE ROMAN DE LA ROSE. - Diseuse conduit rAmant vers Bel Accueil (Bib!. Sainte-Geneviève. ms, franç. 1126).
génie plus indépendant qu'émane Ie De arie honeste amandi, sorte de code de I'amour courtois, composé par André Ie Chapelain au XIII" siècle et traduit, peu de temps après son apparition, par Drouard La Vache : on en peut dire autant du poème anonyme intitulé Ie Vrai Ciment d'amour, D'autres écrits relatifs à I'amour abandonnent la forme du traité et préfèrent Ie dialogue: tel Ie Donoi des amants; tel Ie Pamphilus, poème latin du Xll e siècle, qui fut traduit en français au Xlll e siècle par Jean Bras de Fer, sous Ie titre Pamphile et Galatée; tel aussi Ie cycle de ces jolis petits poèmes où se discute, sous forme de débats, la question de savoir si ce sont les c1ercs ou les chevaliers qui s'entendent Ie mieux à aimer. lei, dans Ie Concile de Remiremont, poème latin du XII" siècle, la discussion s'institue entre des nonnes réunies tout exprès en concile pour en décider; là, dans Philis et Flora, poème latin un peu postérieur, et dans les imitations françaises qui en furent faites à la hn du XII" siècle ou au cours du XIII", Ie Jugement d'amour, Florence et Blancheflor, Hueline et Aiglenfine, ce sont deux jeunes hlles qui mènent Ie débat, et elles décident de se rendre à la cour du dieu d'Amour, qui jugera. La description du pays où règne Ie dieu, un des éléments les plus gracieux de ces poèmes, semble avoir beaucoup plu, et c'est Ie même thème qu'ont repris Ie Fabliau du dieu d'amour et V énus la déesse d'amour. i\.lais, de toutes les æuvres inspirées par cette tradition, la plus marqllante de b::aucoup est Ie Roman de la Rose. Ce vaste poème est, sous un titre unique, l'æuvre de deux auteurs: I' un, Guillaume de Lorris, en a écrit, entre les aanées 1225 et 1240, les 4058 premiers vers; I'autre, Jean de Meung, une quarantaine d'années après la mort de Guillaume, a composé Ie reste, c'est-à-dire pres de 18000 verso Or, entre ces deux auteurs it n'y a de commun que les éléments les plus généraux de la fiction poétique, tout par ailleurs les séparant : la condition sociale, Ie tempérament, les idées, la morale. Les deux parties du Roman de la Rose constituent réellement deux poèmes hétéroclites, quïl convient de considérer chacun pour lui-même.
Le poème de Guillaume de Lorris Sur sa vingtième année, Guillaume de Lorris avait eu un songe que, cinq ans après, it s'est proposé de raconter, parce que les songes contiennent parfois beaucoup de vérité, que celui-ci est de nature à égayer les cæurs, et que son récit lui vaudra peut-être les faveurs de sa belle,
.. .cele qui tant a de pris Et tant est dine d'estre amée Qu'ele doit estre Rose clamée.
Et voici ce quïl rêva. Cétait Ie pr;ntemps : partout éclataient les bourgeons, les fleurs; partout résonnaient les chants d' oiseaux II longeait une belle rivière, qui roulait ses eaux c1aires sur un fond de gravier, et, la côtoyant à traversprés, il était arrivé Je\ant une haute