‹ Histoire de la littérature française illustrée v.1Chapitre 97 sur 402 · ua,' ,,,.U( .ar",,,, I · texte numérisé non relu

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LE ROMAN DE LA ROSE. - (D'après un manuscrit du Musée britannique, à Londres: XV e siècle). L'Amant introduit par Oiseuse, pénètre dans Ie jardin qui estoit de charme, - Me ouvrit une puce1\eue - Qui de Déduit: (( Assez y fery et hurlay - Et maintes fois je assez estoit cointe et neUe: - Cheveulx eut blons comme escoutay - Se ie orroie leans nulle ame, - Le guichet, ung bassin, - La char plus tendre qu'un poussin,.. II

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bonne mine: c'est Bel Accueil, fils de Courtois ie, qui Ie conduit vers Ie terme désiré. Le clos où se trouve la Rose est sévèrement gardé par Danger, par :V1alebouche, par Honte, fille de Raison et de Méfait, et par Peur. Sur Ie don que Bel Accueil lui a fait d' une feuille verte cueillie prèsde la Rose, l'amant s'enhardit à lui dire son vceu d'obtenir la Rose elle-même; mais Ie guide se récrie, et Danger, monstre horrible à voir, accourt, accable Bel Accueil de reproches et force l'amant à repasser la haie.

11 se désespère. Rai on, qui survient, lui remontre qu'il a eu tort de suivre Oiseuse, que la Rose est jalousement gardée, que Ie service d'Amour est mauvais pour I'homme; mais il reçoit mal la conseillère et s'obstine. 11 retombe dans son affliction, jusqu'au moment où il se rappelle un des conseils d'Amour, qui lui a loué les bienfaits d'une confidence faite à un ami, 11 va donc trouver Ami, qui lui donne l'idée de faire sa paix avec Danger. Revenu à la haie, il adoucit Ie redoutable gardien par ses paroles de soumission et obtient d'être pardonné, à la condition quïl n'approchera plus des Heurs, T outefois, ses larmes, tandis quïl contemple la Rose de loin, ne toucheraient pas Ie cceur de Danger, si Franchise et Pitié n'obtenaient quïllui accorde au moins de revoir Bel Accueil. Guidé par lui, \'amant retrouve la Rose, maintenant à demi entr'ouverte, plus désirable que jamais, et, aidé par V énus elle-même, il obtient de Bel Accueilla permission de donner un baiser à l'objet de tous ses désirs.

11 Ie donne; mais aussitôt Male Bouche, qui l'a vu, répand la nouvelle en to us lieux, tant et si bien que Jalousie \'apprend et entre dans une grande colère. Elle en fait grief à Bel Accueil, et aussi à Honte, qui n'a pas su veiller; et quoique celle-ci fasse effort pour la calmer et promette d'être désormais plus vigilante, Jalousie décide d'enclore les roses dans une forteresse, au milieu de laquelle on élèvera une tour pour empris:mner Bel Accueil.

Tandis que Honte et Peur, dépitées de la semonce qu'elles ant reçue, vont reprocher à Danger sa négligence et réveillent sa sévérité, Ie château formidable s' élève. Les roses y sont enfermées; Bel Accueil est emmuré dans la tour, sous la surveillance d' une vieille; Danger, Honte, Peur et Male Bouche gardent les quatre portes de la cité et, la nuit, :\1ale Bouche guette aux créneaux. L'Amant exhale de longues plaintes, Guillaume de Lorris était un homme cultivé : tout l'indique. 11 savait Ie latin et, sïl gratifie Scipion du titre de roi, il n'en est pas moins bon clerc. Sa façon de poser, au début de ses développements, une idée générale, Ie tour de ses descriptions, son goût pour les jeux d'étymologie, son allusion, quand il fait Ie portrait du Temps, à la doctrine du perpétuel devenir, son récit de l'histoire de Narcisse. sont autant de traits qui dénoncent l'écrivain formé par l'école. Au

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LE RO\lAN DE LA ROSE. - Male Bouche a la gorge tranchée par Faux Semblant (Bib!. Sainte-Geneviève, ms. franç. 1126),

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