En quelque part que j'aille ou m'assoie
'^. Chose.
118 QUir^ZIÈME SIÈCLE.
naissance l'avait faite contemporaine d une période désastreuse de notre histoire; elle vit la folie du roi, la guerre civile, Azincourt, le traité de Troyes; toutes ces humiliations de la France furent cruelles à cette étrangère, dont le cœur était bien français. Avant de mourir elle eut du moins la joie de saluer les victoires de Jeanne d'Arc ; elle s'écriait en les apprenant :
Une fillette de seize ans A qui armes ne sont pesans, N'est ce pas chose fors nature ?
Et devant elle vont fuyans Ses ennemis, et nul n'y dure...
N'apercevez vous, gent avugle, Que Dieu a icy la main mise?
Charles d'Orléans.
8$. Avec le xv* siècle finit la littérature du moyen âge; et déjà même un esprit nouveau pénètre dans les écrits de cette époque, où de si grandes inventions préparaient un si grand changement dans les esprits et comme un renouvellement de la face du monde*.
Sans être une époque très favorable à la poésie et aux lettres, le siècle fut plus fécond en bons écrivains que la période précédente. Char les d'Orléan s et Jillon sont deux vrais poètes; le théâtre vit naître au moins un chefd'œuvre, Pathelin» Les Mémoires de Comi nes sont l'œuvre d'un génie profond" et entièrement onginaT
domines et Villon semblent annoncer déjà l'esprit de la Renaissance. Charles d'Orléans tient davantage à l'époque antérieure. Il est le dernier de ces trouvères élégants, polis, galants, qui ont fleuri en si grand nombre au moyen âge,
1 . Les armes à feu se généralisent ; l'imprimerie est inventée ; l'Amérique est découverte.