‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 55 sur 114 · FIN DE LA LITTÉRATURE DU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

FIN DE LA LITTÉRATURE DU MOYEN AGE

demeurée inépuisable? Nous ne le pensons pas. li'inspiration propre au moyen âge était tarie dès le x\\^ siècle ; les genres épuisés ne fournissaient plus que des redites et des amplifications. La littérature et surtout la poésie languissaient; celle-ci, devenue caduque et sans haleine, se perdait dans les vétilles d'une versification laborieusement compliquée. Quelques grands écrivains, comme Villon et Comines, faisaient exception dans leur siècle; mais, loin de faire école, ils différaient de tous leurs contemporains, et en étaient moins admirés qu'ils n'ont été do la postérité. Dans l'épuisement général de l'inspiration littéraire, le retour à l'antiquité, à l'étude sérieuse des grands modèles, grecs et latins, fut un bienfait ; elle rendit une sève nouvelle à l'arbre fatigué. La prose française peut-être, aurait pu se passer du grec et du latin, comme s'en passa Comines, parce que la prose puise toujours des ressources neuves dans la nature plus précise et mieux définie des matières qu'elle traite : les choses y parlent d'elles-mêmes. La poésie, plus vague dans ses sujets, plus asservie à l'inspiration personnelle, plus dépendante du style, avait grand besoin, vers l'an 1500, qu'on la ramenât au culte d'Homère.

ibO SEIZIÈME SIÈCLE.

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