C'est-à-dire depuis Malherbe ; ceci était écrit en
langage se fait regretter quand nous le retrouvons dans Marot, dans Arayot, dans le cardinal d'Ossat*, dans les ouvrages les plus enjoués et les plus sérieux ; il avait je ne sais quoi de court, de naïf, de hardi, de vif et de passionné. On a retranché, si je ne me trompe, plus de mots qu'on n*en a introduit. »
i04. Villon, sous Louis XI, et Comines, sous Louis XII, avaient été, l'un en vers, l'autre en prose, de très grands écrivains ; mais leiu's successeurs immédiats furent des pédants sans génie, qui prirent, les uns pour delà poésie les tours de force d'une versification pénible assujettie à de ridicules enjraves; les autres, pour de l'éloquence une pesante imitation des périodes cicéroniennes. Au commencement du siècle la pauvreté de la littérature n'a d'égale que ses prétentions.
Le plus fameux parmi ces insipides versificateurs est Guillaume Crétin *. Pasquier se plaignait d'avoTPdânS^es poésies « trouvé prou de rime et équivoques, mais peu de raison; car pendant qu'il s'amusoit de captiver son esprit en ces entrelacs de paroles, il perdoit toute la grâce et la liberté d'une belle composition ».
Nous avons déjà parlé de G iingoreL ^outemporain de ces illustres rhétoriqueurSj ainsi qu'ils se nommaient. On peut louer chez lui une certaine habileté dramatique, une verve heureuse dans l a satir e. Il faut nôrnrnSrTttresi,
1. Armand d'Ossat (1536-1604), secrétaire de l'ambassade de France à Rome, négocia avec le Saint-Siège l'absolution de Henri lY. Ses Lettres au ministre d'État Villeroy ont été longtemps considérées comme des modèles du style diplomatique.
2. Guillaume Crétin, mort vers 1525. Ses contemporains ont beaucoup admiré ses Chants royaux, ses ballades, ses rondeaux, ses e'pigrammes ; Rabelais seul s'est moqué de lui dans Pantagruel, en faisant son portrait sous le nom de Raminagrobis.
3. Pierre Gringore, né vers 1475, mort en 1544, auteur de la célèbre sottie dont il est parlé ci-dessus, page 146