‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 6 sur 114 · Moil en 1294. Il fut le maîU^e de Dante · texte numérisé non relu

Moil en 1294. Il fut le maîU^e de Dante

16 I.ES QRIGINES

la Pi'éface de sa vaste encyclopédie, intitulée li Livres dou Trésor, le motif qui Ta déterminé à écrire en français :

« Se aucuns demandoit por quoi cist livres est escriz en romans selon le langage des François, puisque nossomes Ytaliens, je diroie que ce est por II raisons : rune,car nos somes en France, et l'autre por ce que la parleure est plus delitable et plus commune a toutes gens. »

14. On sait qu'au xvni*' siècle notre langue et notre littérature aimaient à s'enorgueillir de leur prépondérance sur l'Europe entière, mais ce n'était pas la première fois que la France exerçait sur ses voisins cette royauté pacifique. Elle l'avait possédée avec non moins d'éclat et de durée au moyen âge ; et malheureusement elle-même avait ensuite laissé tomber dans l'oubli, dans le dédain, tant d'œuvres originales et charmantes, dont elle admirait encore, chez les étrangers, les heureuses imitations. Alors notre langue d'oïl, dont les règles n'étaient plus connues, passa pour n'avoir été qu'un jargon barbare. Boileau ne croyait pas que nous eussions eu un seul poète avant Villon, ni un grand poète avant Malherbe. En étudiant notre littérature tout entière, et non pas seulement les chefs-d'œuvre d'une seule et courte période, on détruira peu à peu ces injustes préventions qui subsistent encore dans beaucoup d'esprits.

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