‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 67 sur 114 · BERTAUT · texte numérisé non relu

BERTAUT

Icare est cheut icy*, le jeune audacieux, Qui pour voler au ciel eut assez de courage:

Icy tomba son corps degarny de plumage, Laissant tous braves cœurs de sa cheute envieux.

bienheureux travail d'un esprit glorieux, Qui tire un si grand gain d'un si petit dommage ! bienheureux malheur plein de tant d'avantage, Qu'il rend* le vaincu des ans victorieux !

Un chemin si nouveau n'estonna sa jeunesse, Le pouvoir lui faillit, mais non la hardiesse. Il eut pour le brûler des astres le plus beau.

Il mourut poursuivant une haute advanture, Le ciel fut son désir, la mer sa sépulture ; Est-il plus beau dessin ou plus riche tombeau?

fiertaut.

t«o. Le jugement de Boileau sur Desportes et Bertaut doit s'entendre seulement du style, qui est en effet moins hardi, mais aussi moins original, chez ces deux poètes, que chez Ronsard, leur maître. Au reste, tous deux n'ont rien innové] par le fond des idées, par l'inspiration, par les procédés poétiques, ce sont de purs disciples de la Pléiade.

Jean Bertaut', né à Caen, trois ans avant Malherbe (en 1552), fut plus précoce que son compatriote, dont les meilleurs vers sont ceux qu'il composait à soixante-douze ans. Bertaut apprit à rimer dans Ronsard et surtout dans Desportes, dont il reproduit assez bien la manière dans ce

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