Né à la Ferté-Bernard en 1534 ; mort en
lotalomenl. Ronsard pouvait s'écrier, parlant de Uobnrt Ciarnior :
Quoi son masle et hardy ! quelle bouche héroïque ! Et quel superbe vers entens-je icy sonner ?
Mais tout le théâtre n*ost pas dans le style, et même le style n'est pas la plus importante partie du théâtre. Voilà pourquoi Jodelle et Garnier lui-même n*ont guère donné que le squelette de la future tragédie classique*.
Il est juste d'ajouter qu'une des pièces de Garnier (Sédecmsj^^oulesjuivesl est fort supérieure aux autres par un certain mouvement dramatique et des caractères bien tracés et vivants. Le méme pûète a créé dans BradammU&y imitée de l'Arioste, un genre nouveau, destiné à fleurir jusqu'au milieu du xvu® siècle, sans toutefois fournir à la scène un seul chef-d'œuvre; c'est la tragi-co médie. On appelle ainsi une tragédie dont le dénouement était heureux et où le style plus familier admettait un certain élément comique.
i«». On ignore si les tragédies de Garnier furent représentées. Les Qipmédies en prose de Pierr e de Lar ivey, publiées à la même époqueV ne parurent probablement pas à la scène. Elles sont toutes traduites de l'italien; mais l'auteur a transposé fort habilement le langage, les mœurs, les personnages et l'intrigue, pour adapter son œuvre au goût de son temps et de son pays. Nulle traduc- ,.tion n'est plus originale. Son style est excellent, net, vif,
1. Les sept tra^^édies de Garnier sont: Porcie (15G8) ; Ilippolyie (1573) ; Cornélie (1574) ; Marc-Antoine (1578) ; la Troade (1578) ; Antigone (1578) ; le,s 2iiiv£^^^S0), la meilleure œuvre du poète, avec la tragi-comédie de Bradamante (1580).
2. Pierre de Larivey, Italien d'origine, mais né à Troyes vers 1540, mor après 1612, a publié six comédies en 1579, et trois autres en 1611.