Fille de Henri II, sœur de Henri III, femme de Henri IV
sort des armes eut jeté l'autre en prison, ils consolèrent tous deux leur ennui en écrivant ce qu'ils avaient fait et vu faire d'illustre et de mémorable pendant leurs longues campagnes.
Il y a des gens qui sont écrivains de profession et qui cherchent un sujet, parce qu'ils veulent écrire. Tel n'est point Monluc*; il ne se mêle d'écrire que parce qu'il s'y croit tenu pour immortaliser ses propres exploits et ceux de ses plus braves compagnons. « Sans les escriptures qui se font parmy le monde, la pluspart des gens d'honneur ne se soucieroient d'acquérir de la réputation, car elle couste trop cher. Jamais homme n'en eust a pirre marché que moy; mais l'honneste désir que nous avons de perpétuer nostre nom... est cause que la peine semble bien douce a celuy qui a ung cœur généreux. 11 me senibloit, lorsque je me faisois lire Tite Live, que je voyois en vie ces braves Scipions, Catons et Césars, et quand j'estois a Rome, voyant le Capitolle, me ressouvenant de ce que j'avois ouï dire (car de moy j'estois ung mauvais lecteur), il me sembloit que je debvois trouver la ces anciens Romains. »
i««. Monluc^ ji'écrivait pas lui-même ses t^omj paires; il les dicta de mémoire, sans avoir pris jamais aucune note. Aussi les erreurs de fait ne sont point rares chez lui. Mais sa sincérité est entière. Il a seulement des yeux un peu complaisants pour lui-même et pour ses faits et gestes. Mais il destinait son livre à l'instruction théorique des jeunes capitaines : il est naturel qu'il se mette en scène à tout propos et dise : « Ainsi j'ai fait », seulement il dit trop souvent : « N'est-ce pas bien fait? » Ce n'est ni un historien, ni un lettré : « Comme j'ay tou-