‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 91 sur 114 · Père de Vaugelas · texte numérisé non relu

Père de Vaugelas

2. Le traité de V Introduction à la vie dévote est adressé à Philothée^ c'est-à-dire à l'âme qui aime Dieu.

3. C'est-à-dire de Faber, traduction latine de son nom, Favre.

4. La première partie parut en 1610. La cinquième et dernière est postlmme. — Honoré d'Urfé, né en 1568, mourut en 1625.

niancier pla<;«iit dos portraits contoni{)orains dont ta ressemblance faisait le charme et le prix. Mais pour nous qui ne connaissons pas l(»s ori^nnaux, le piquant de celte ressemblance est perdu.

tw. Les personnages de CAstrée sont tous des bergers

et des bergères, mais de l'aveu de lauteur, « ils n'ont pris

celte condition que pour vivre plus doucement et sans

contrainte », et ne sont pas « de ces bergers nécessiteux

qui pour gagner leur vie conduisent les troupeaux aux

pâturages. » La vie pastorale n'est-elle pas présumée la

plus douce et la plus innocente des professions? Tout le

/ livre semble une réaction contre les sanglantes violences du

siècle précédent, un hymne à la paix reconquise, à l'ordre

I rétabli dans la France heureuse. « Recevez, disait l'auteur

au roi Henri IV, dans sa dédicace, recevez /'i45^?'èe comme

une œuvre de vos mains, car véritablement on vous en

peut dire l'auteur, puisque c'est un enfant que la paix a

fiiit naître, et que c'est à votre Majesté que toute l'Europe

doit son repos et sa tranquillité. » Tout le siècle lut avec

'délices ce roman paisible et reposant, ses conversations

inOnies, ses épîtres quintessenciées, ses délicates analyses

des sentiments les plus délicats. Le goût dominant du

siècle nouveau pour ce qu'il appelait « l'anatomie du cœur

humain » parut avec éclat dans cette accueil fait à l^Astrée,

L'influence de ce roman fut considérable sur tout le

xvn'' siècle, non seulement sur les romanciers, disciples

de d'Urfé, mais sur tous les écrivains, même sur les plus

grands. Elle ne fut pas entièrement heureuse. VAstrée

contribua beaucoup à établir en liltéralurè^lfiTTègle de la

I politesse et de la décence ; mais en revanche, cette galan-

i terie, un peu fade à notre goût, qui s'est mêlée dans ce

' siècle aux plus beaux ouvrages, est sortie de la même

■ source. Si l'amour tient trop de place dans certaines tra-

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