‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 115 sur 223 · II. LA COMÉDIE · texte numérisé non relu

II. LA COMÉDIE

La comédie, au xviip siècle, est supérieure à la trag-édie '■ nous trouverons de ce côté des pièces remarri uables et des écrivains de talent. Mais, ici encore, le défaut est le manque d'originalité. Pendant cinquante ans, on se bornera à recommencer Molière.

Les imitateurs de Molière. Regnard. — Par la date et par le mérite, Regnnrd est le prf^mier parmi ces imitateurs de Molière. Né à Paris en i0o5, d'une famille très aisée, Reg-nard entreprit, vers la vingtième année, une série de voyages dont il nous a laissé la relation, 11 resta deux ans prisonnier en Alger, et visita ensuite l'Allemagne, la Pologne, le Danemark, la Laponio II avait tiré peu de profit de ses voyages, De retour à Paris, il s'arrangea dans sa petite maison de ) rue Richelieu une vie commode de lettré et de gourmand. Il travailla d'abord pour le Théâtre-Italien, puis pour le ThéfUre- Français, auquel il donna ses principales comédies : Le /oMewr (1696), le Distrait (1697), le Retour imprévu {i700\ les Folies a moureuses {ilOA), les ^fénerf^fnes{ilO^)J le Légataire «n? rer.se/ (1708). Il mourut d'indigestion en 1709, dans sa propriété de Grillon, près Dourdan. FJpicurien, bon vivant, « cynique mitigé », Regnard avait mené la viejoyeusement, comme il va mener son théAtre.

On retrouverait partout dans ce théAtre l'influence de Molière. Mêmes personnages : le père crédule et avare, le fils libertin, la jeune fille ingénue et coquette, le valet fripon, la soubrette « forte en gueule». Mômes intrigues; seulement, Regnard s'occupe davantage de l'intrigue et met plus de mouveitient dans ses pièces. Même étude des caractères; seulement l'étude est moins prof' nde : la « distraction .. est tout au plus un inconvénient et ft peine un ridicule; dt c'est en traits bien faibles que Regnard a représenté « la passion du jeu ». Même société; seu-

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lement, depuis Molière, celte société s'est corrompue, les mœurs tournent au débrafillé, le libertinag-e a perdu son élégance, les chevaliers d'industrie, les marchandes à la toilette et les professeurs de trictrac sont auprès d^s fils de famille sur le pied de conseillers intimes.

Ce qui fait le mérite propre de Regnard, c'est sa gaieté. On n'emporte pas de son théâtre cette impression de tristesse qui se dégage de celui de Molière, Certes, cette gaieté vient en partie de ce que l'analyse toujours légère de Regnard ne pénètre pas jusqu'au fond éternellement triste des choses ; mais elle vient surtout du caractère même de Regnard; elle est la marque distinctive de son talent. Cette gaieté franche, sans rien de précieux ni de cherché, ci'rcuie à travers tout son théâtre. Elle se traduit par la vivacité de l'action, par l'imprévu de mots qui appellent le rire, par la libre allure d'un style excellent. C'est l'honneur de Regnard que, tout en se souvenant cjC la comédie de Molière, on puisse encore le lire avec plafsir.

Dancourt. Lesage.Dufresny. Destouches. Piron. Grasset. — Dancourt {i6Qi-i'7'2^) emprunte ses sujets aux procès, aux nouvelles du jour. Bon observation manque de profondeur : d'ailleurs il écrit faiblement et ses intrigues sont mal agencées. Mais, avec lui, la comédie de mœurs commence à naître. Les titres de ses pièces sont au pluriel {Les Bourgeoises de qualité, la Désolation des joueuses). C'est que l'intérêt ne se coneenlre plus sur un personnage, mais sur plusieurs; Vétude porte sur toute une classe de la société.

Au théâtre, Lesage (1668-1747) est surtout l'auteur de Turcaret [ilQQ)^ chef-d'œuvre d'une observation profonde et impitoyable. C'est le monde des financiers qui nous est dépeint dans le temps d'une effrayante corruption. « J'admire le train de la vie f humaine, dit Frontin. Nous plumons une coquette, la coquette mange un homme d'affaires, l'homme d'affaires en pille d'autres : cela fait un ricochet de fourberies le plus plaisant du monde. » C'est une condition ici, et non plus un caractère qui est étudié '. le Turcaret est en ce sens une date.

Dufresny (16'58-1724) esl moins original. Mais il essaye de se soustraire à l'influence de Molière : il précède ainsi et annonce Marivaux. Écrivain facile et spirituel, il n'a pas dans le comique l'amertume de Lesag-e.

Destouches (1680-1754) essaye de tirer de la comédie l'élément pathétique qu'elle contient. Il annonce ainsi la comédie de La Chaussée et le drame, mais sans tomber dans l'excès qui méconnaît la nature même de la comédie.

Firon (1689-1773), dans la Métrotnanie, n'a d'autre mérite que celui de sa verve g-auloise qui lui dicte nombre de vers restés proverbes.

Mêmes mérites dans le Méchant de Gresset (1709- 1777). Mais on a hâte d'arriver à un écrivain vraiment original, el qui apporte dans l'art une note nouvelle. Marivaux est ce créateur d'un genre qui ne doit rien à Molière.

Marivaux. — Pierre Chamblain de Marivaux est né à Paris en 1688. 11 fit de très médiocres études, et, plus tard, il s'applaudissait d'une ignorance première dans laquelle il croyait avoir trouvé une sauvegarde pour son originalité. 11 cherche sa voie, échouant avec une tragédie, la Mort d'Annibal, qui valait tout juste autant que VAspar de Fonlenelle, parodiant le Télémaqueet les romans langoureux. Reçu à titre de causeur charmant dans les salons de M"* de Lambert, de M"" de Tencin, de M"" Geoffrin, il trouva dans la société élégante et précieuse du siècle sa véritable maîtresse d'école. « J'ai tâché de saisir le langage des conversations et la tournure des idées familières et variées qui y viennent. Mais je ne me flatte pas d'y être parvenu. Tout ce qu'un auteur pourrait faire pour les imiter n'approchera jamais du feu et ^le la naïveté subite et fine que les gens d'esprit y mettent. » Marivaux travailla d'abord pour le Théâtre-Italien. Le succès de la Surprise de l'amour (1722) fut pour lui une révélation et lui indiqua le genre dans 'equel il donna, de 17.S0 à 1740, ses meilleurs ouvrages : le Jeu de l'amour et du hasard; les Serments

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indiscrets; l'Heureux Stratagème ; le Legs ; les Fausses Confidences ; l'Épreuve. Marivaux fut de l'Académie en 1743. II mourut à soixante-quinze ans. Il avaii eu toute sa vie à se débattre contre la gêne, et avait dû s'astreindre à de pénibles besognes, répandant dans des feuilles éphémères une prose hâtive. 11 s'était attiré le respect de tous par l'honnêteté et la délicatesse de sa nature.

Son théâtre : son système dramatique. — « J'aime mieux être assis sur le dernier banc de la petite troupe des auteurs originaux qu'orgueilleusement placé à la première ligne dans le nombreux bétail des singes littéraires. » Celui qui exprimait ainsi son désir de n'être le disciple de personne a de fait été le créateur d'un genre. La principale nouveauté de son théâtre, et d'où toutes les autres découlent, consiste dans l'importance donnée à l'amour. Jusqu'alors, l'amour n'avait joué dans les comédies qu'un rôle épisodique : il va devenir le ressort principal, et le sujet même. « J'ai guetté dans le cœur humain toutes les niches différentes où peut se cacher l'amour, lorsqu'il craint de se montrer, et chacune de mes comédies a pour sujet de le faire sortir d'une de ces niches. » Tel est en effet l'objet de chacune de ces comédies. L'amour, tel que le conçoit Marivaux, est un sentiment honnête et timide, qui se défend, qui se nie et se dissimule; les obstacles qu'il rencontre ne viennent pas du dehors, mais viennent de lui-même : c'est cet amour, tout confus d'exister, qu'il s'agit de produire à la lumière et de forcer, en* dépit de lui, à se découvrir. Fixer les nuances de ce sentiment très délicat, faire quelque découverte dans cet ordre d'idées très subtiles, c'est toute la variété à laquelle prétend Marivaux, et qui lui semble suffisante pour repousser le reproche de monotonie. L'instrument d'analyse est toujours le même, les résultats de l'analyse sont toujours nouveaux.

Cette place donnée à l'amour devait entraîner plusieurs conséquences : — l'importance des rôles de femmes ; — la faiblesse de l'action : l'analyse du cœur étant ici l'essentiel, il n'y a, à proprement parler, ni incidents, ni péripéties, mais seulement une progression de senti-

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ments ; - l'fionnètelé du mil eu : cet amour scrupuleuxno peut naître que dans les ômes vertueuses ; aussi , jusqu'aux valets et aux soubrettes, n'y a ici que d'honnêtes gens. Et c'est encore une des formes de l'originalité de ce théâtre, que l'opposition où il est avec le théâtre si profondément immoral de Regnard et de Lesag-e,

On pourrait encore relever certaines particularités propres au théâtre de Marivaux. Les rôles de pères qui, dans notre ancienne comédie sont presque toujours odieux et ridicules, prennent ici un caractère tout nouveau de raison, d'indulgence et de bonté. Par une curieuse intervention, ce sont les rôles de mères qui se trouvent sacrifiés. Enfin Marivaux est l'un des premiers qui, mettant en scène les paysans, nous ait présci.té de sa condition une image, sans doute très adoucie, mais qui néanmoins contient déjà dos détails empruntés à la réalité. Ses paysans ont i'àpieté au gain, la finesse matoise, ils parlent un jargon qui se rapproche suffisamment du patois des camj)aga3S.

Il fallait à ce théâtre nouveau une langue nouvelle. C'est en prose qu écri* Marivaux. Mais, tandis que ses contemporains avaient, h la suite de Dufresny. renoncé au vers afin de se déliarasser dune difficulté et de s'épargner un travail, Marivaux travaille beaucoup sa prose. Il s'efforce de lui donner l élégance qui convient à une conversation de bon Ion, la délicatesse qui convient à l'expression de sentiments très délicats. Il ne s'est pas ariété sur la limite du raffinement et de la préciosité. Mais ici encore, et quels que soient les défauts qu'on puisse justement lui reprocher, Marivaux est créateur, et il a attaché son nom à uh style particulier : le marivaudage.

Marivaux est resté le seul représentant de cette comédie, amoureuse et spirituelle, et peu comique. Gomme il n'avait pas ou de devanciers, il n'a pas eu de successeurs ^

Beaumarchais : Figaro — Ce sont d'ai>tjos raisons qui font l originalité de Bea umarchais, l'une des figures les plus ooracténstiques dj xviii'" siècle. Nous revonijng

avec ceîui-ci à la comédie de Molière, non point transformée, mais rajeunie et renouvelée. Pierre- Augustin Caron est né à Paris le 24 janvier 1733 : il était fils d'ur horloger du roi et apprit d'abord le métier paternel Ayant épousé une femme de petite noblesse, il ajouta à son nom celui de Beaumarchais. Il entra en relations avec le financier Pâris-Duverney, qui Tacsocia à de grandes spéculations. Celui-ci meurt lui aevant quinze mille francs. Le comte de La Blache, héritier de Paris- Duverney, nie la dette. Beaumarchais perd son procès. Mais, au cours de l'instruction, il avait dû, afin d'obtenir une audience du conseiller Goëzman, déposer entre les mains de M""* Goëzman une somme d'argent qui n avait pas été intégralement rendue. Beaumarchais s'empare de cet incident et, dans quatre Mémoires, ridiculise ses juges (1774-1775), Il eut le bonheur de se rencontrer avec le sentiment public, soulevé contre le parlement Maupeou. Son nom, obscur la veille, devint aussitôt célèbre.

Beaumarchais avait déjà donné, mais sans succès, Eugénie (1161) et les Deux Amis (1770). Le Barbier de Séville avait été reçu en 1772, lorsque survint le procès de Beaumarchais. Interdite en février 1774, la pièce ne put être représentée que le 23 février 1775. Elle réussit médiocremement la première fois: Beaumarchais vit aussitôt le défaut et, avec sa merveilleuse souplesse, y obvia. La pièce était en cinq actes et n'avait pas assez de matière. Le Barbier, en quatre actes, fut un grand succès.

Mômes empêchements, mêmes oppositions pour le Mariage de Figaro. La pièce était au moins crayonnée en 1776; maison a dit qu'il fallait plus d'esprit pour la faire jouer que pour la faire. Beaumarchais, en sa qualité d'auteur, est un oseur. Cette pièce remplie de traits satiriques à l'adresse des courtisans, il va (a placer S0U6 le patronage de la cour, et il est bieri près de

triompher de la résistance du roi, grâce à l'appui de la

reine, du monde du comte d'Artois, de M. de Vaudreuil,

le M'^« de Polignac. Après toute sorte de démarches,

i'interdiclions et de contretemps, le Mariage pu* Atre

icpiésenté U) 27 avril 1784. Préparé par tout le bruit

JHft LE XVII1« SIÈCLE.

qa: s était fait autour de la pièce, le succès fui immcfiSe ', on alla à cent représentations. C'est l'époque glorieuse dans la vie de Beaumarchais. Mais les mauvais jours vont venir. A propos d'une aiïaire financière, Beaumarchais ose s'attaquer à Mirabeau et s'attire une foudroyante réponse : son règne sur l'opinion est terminé. Au temps de la Révolution, nous trouvons Beaumarcha'is vieilli, mais toujours possédé de la même fièvre d'agitation, il s'est chargé d'une fourniture de fusils, pour laquelle il ne craint pas de venir se mettre entre les mains de la Convention. Réfugié à Hambourg, où il connut l'extrême détresse, il eut encore un succès, à son retour, avec la Mère coujiable. 11 mourut d'une attaque d'apoplexie le 17 mai 1709.

Actif, habile, audacieux, insinuant, et d'ailleurs dépourvu de tout scrupule, Beaumarchais a été avant tout un homme d'affaires : il a été accessoirement un homme de lettres. De son œuvre dramatique il faut supprimer les pièces du début et de la lin, qui sont détestables : deux pièces, qui sont dans cette carrière comme un accident heureux, contiennent tout le génie de Beaumarchais. Encore, dans ces deux pièces, l'invention estelle médiocre. Un jeune seigneur amoufeux, enlevant Ui'.e pupille ingénue à un tuteur- barbon, grâce aux ruses d'un valet : c'était l'intrigue de l'École des f^mmeSj avant d'être celle du Barbier de Séville. Les n.émes personnages reparaissent dans le Mariage de Figaro, qui n'est pour la conduite générale qu'une pièce à tiroirs. En somme le souvenir de Molière est ici partout : Bartolo est parent d'Arnolphe, Rosine est sœur d'Agnès, et le comte Almaviva s'est appelé Eraste ou Léandre; Basile doit quelque chose à Tartufi'e, et Figaro doit beaucoup à Scapin. Seulement, Beaumarchais a l'art d'égayer le spectacle et de rajeunir des visages connus. La broderie espagnole fait ici merveille.

Ce qu'il y a de nouveau dans le théâtre de Beaumarchais, c'est l'introduction, flans la comédie, de la satire politique et sociale. Telles sont dans le Barbier les pnrases lameuses: « Un grapd nous fait assez de bioD

quand il ne nous fait pas de mal. » « Aux vertus qu'on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dig-nes d'être valets?» Dans le Mariage, la guerre est déclarée au privilèg-e, la justice raillée sous les traits de Brid'oison, la politique définie par les termes mêmes qui conviennent à l 'intrig-ue. Aussi la véritable création de Beaumarchais est-elie le rôle de Figaro. Ce n'était encore dans U Barbier qu'un joyeux drôle, dont l'insolence n'était pas dangereuse et qui n'en voulait pas à la société, pourvu qu'il eût moyen de vivre et surtout de rire à ses dépens. Mais, avec le temps, le caractère s'est raidi, et le personnage est devenu prétentieux. Le second Figaro est un mécontent; il en veut à une société qui ne lui a pas fait une place en rapport avec ses mérites : le dépit lui a découvert les plaies de cette société, dont les faveurs sont pour les grands qui se'sont seulement « donné la peinede naître », où l'homme d'esprit peut mourir de faim, où la pensée n'est pas libre. Le monologue du cinquième acte n'est autre chose que ce violent réquisitoire dans lequel Beaumarchais, empruntant la voix de son héros, fait son procès au public qui l'applaudit. De là le caractère particulier du comique dans Beaumarchais. Certes, il y a dans la Folle Journée infiniment d'entrain et de verve: mais il entre dans cette gaieté beaucoup d'amertume. C'est la gaieté d'une époque tourmentée et frivole, qui raille ses propres travers, applaudit à ce qui doit la perdre, et s'achemine en ricanant vers sa chute'.

200. La tragédie est, au xviii" siècle, un genre épuisé et qui ne vivra que d'imitation. Ce n'est pas Racine,

t. A la liste des penres épuisés au iviii' siècle on peut ajouter : les Maximes. — • Vauvenargues (17)0-1747), caractère très lionnôlo, esprit très délicat, a compost des Iiéflexion.1 et maximes, oix il réfute faililnmciil le système do La Rochofoucaulda - i^cs Consiffrrattons sur les mamrs do Duçlos (1751) sont uu ouvrage af^réublo mais superficiel. — A la fin du siècle, Chamfort (1741-1794) et Rlvarol (!'»*

IHlM\ no a/xtil min Hoa r-niia il'i'^liril

4i8 LE XVIII^ ^lËpLE.

c'est Corneille et Qujnault qu'imitent les Lafo^se. |ea Lagrange-Chancel et les Cré^illon.

201. Voltaire a seul rendu un certain éclat à ce g-epre. « Zaïre » et « Mérope >> sont ses chefs-d'œuvre. Il a, le premier, apporté en France quelque chose di^ théâtre de Shakespeare. Il a essayé d'étudier de nouveaux sentiments, de fortifier l'intérêt en fortifiant l'inirigfue, d'augmenter le spectacle extérieur. Mais il n'a pas uqe connaissance assez profonde du cçeur humain \ il dénature la tragédie en en faisant un i}ifjtrunie|)|; de propagande pour ses idées. Son style, ftiit de réminiscences, est brillant, mais sans originalité.

202. La comédiei egt plu^ florissante. Re^nard (1655- 1709) est un in^iiateHf. de Molipre; rqqjs jl estplu^grt^i que celui-ci, il a mis plus de mouvement daps ses pièces: il écrit dans une lang-ue excellente. C'est encpre à Molière que se rattachent Dancourt, Dufresny, DeS' towcheç, Piron, Gresset.

203. Le « Turcaret » (17Q0) de Lesage (1608-1747), chef-d'œuvre d'observation profonde, est la première pièce où l'étude de la condition remplace l'étude du caractère.

204. Marivaux (1088-1763) est entièrement original et ne doit rien h Molière. La nouveauté de son théâtre consiste dans rimport|^^CÇ ^qpnée à l'amour. C'est une révolution analogue à celle que fait Racine dans la tragédie Dq )à l'importance des rôles de fpmniP^' h '^a'blesse de l'action, l'honnôleté du milieu, la nouyeau^é cjq style connu sous le nom de marivaudage.

805. Beaumarchais (1733-1701)) transporte sur le scène la satire politique et sociale. Le personnage de Figaro est lu création qui lui u[)parlient. Il a de la

verve et de l'entrain. Mais il y a de l amertume dans sa gaieté.

LECTURES RECOMMANDÉES

Branetière, Histotk et littératThre. — Licii, le Théâtre de Voi. taire. — Larroumet, Étude sur Marivaux. — Jules Lemaître, le Théâtre de.Dçincourt. — Lintilhac, Beaumarchais et ses œuvres — Paléologue, VauvenunjU(;s (grands écrivains français). — André Hallays, Beaumarchais (Ibid.). — G, Descbamp Marivaux (Ibîcl.). —, LinÛlhac, tesagé (Ibid). — L. Levrault, l'a Comédie; Drame et Tr-ig/'cUe (les genres littéraires).

TEXTES A CONSuLfEM;

Voltaire (Moland). — , Regnard (Brière). — Manvaux (che'A Laplace). — heaumàrcfidîs (Ibiil.j. — Lesage : Œuvres (éÂl ion Renouard).

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