LE ROMAN. LE URAME. LA POÉSIE LYRIQUE
ont pour nous le grand intérêt de nous initie^ au genre de \ie qui était celui d'une jeune fille de la petite bour-g-eoisie avant la Révolution. Elles nous montrent en même temps les rancunes et l'enthousiasme qui s'accumulaient chez cette lectrice de Rousseau et de PiatarquCo
233. Le xviii^ siècle a inauguré le roman ae mœurs dans le « Gil Blas » de Lesage et dans la « Vie de Marianne » de Marivaux; le roman d'amoui» dans « Manon Lescaut » de l'abbé Prévost et dans « la Nouvelle Héloïse » de J.-J. Rousseau.
234. Diderot donne la théorie du drame, genre Intermédiaire entre la tragédie et la comédie. La condition sera l'élément important; le caractère y est subordonné. Le ton est sérieux.
235. André Chénier (1762-1794) renouvelle la poésie l>'pique. Homme du xvïli® siècle, qui partage en religion et en politique les idées de son temps, il se jeta dans le mouvement révolutionnaire dont il devait être la victime,
236. C'est par le retour à l'antiquité mieux comprise que Chénier retrouve jb sentiment de l'art. Sa théorie consiste à faire entrer des pensées nouvelles et des sentiments personnels dans une forme antique.
237. 11 a laissé des articles de polémique, des poèmes, des idylles, des iambes.
238. L'éloquence politique va sortir du mouvement révolutionnaire. Mirabeau est le plus grand des ora^ teurs de ^a Révolution. Il a, à défaut de la correction, l'éclat et le souffle puissant.
i74 LE XVIIl* SIÈCLE.
LECTURES RECOMMANDÉES
Brunetière, Nouvelles étuden a-itiques. — Lanson, Nivelle de la Chaussée et la comédie larmoyante. — L. Glaretie, Étude sur Lesage. — Louis tJartuou, .<iiiaoeau. — Rousse, Mirabeau (grands écrivains Irançais). — Lmtilhac, Lesage flbid). — Faguet, André Cliénier (Ibid.). — M. Roustan, LEloquencc (les genres littéraires). — L, Levrault, La Poésie lyrique (les genrps littéraires).
TEXTES A CONSULTER
André Vhcnier (Becq de Fouquières. — Gabriel de Chénier. - J. iM. de liérédia). — André Chénier {Poésies complètes, publiées d'après les manuscrits, par Paul DimolF). — Chabiier, les Orateurs politiques de la France (Choix de discours). — Madame Roland (Mémoires. Lettres aux demoiselles Cannet. Lettres à Bancal des Issarts. Correspondance avec M. Roland. Correspond aance générale).
TABLEAU CHRONOLOGIQUB
DÉVELOPPEMENT DE LA LITTÉRATURE AU XVIII* SifcCLB.
Première période (1715-1750). — Dans une première période, le xviii" siècle présente déjà les deux caractères qui lui sont essentiels. La littérature proprement dite est en décadence : les genres classiques, épuisés, ne donnent lieu qu'à des productions médiocres Le sentiment de la composition se perd, la forme s'appauvrit et se complique. Mais la philosophie et les sciences entrent dans la littérature et la renouvellent; cependant, si l'esprit nouveau se constitue, il n'accomplit pas encore l'œuvre qui sera proprement l'œuvre du siècle.
1715. — Lesage : les deux premiers volumes de Gil Blas. — Premier monument du roman de mœursc
1721. — Montesquieu : Lettres persanes. — La satire, de sociale et littéraire qu'elle était, devieni politique.
1722. — Marivaux : La Surprise de /'awowr inaugure un genre de comédie où l'amour tiendra une place toute nouvelle.
1720-1729, — Séjour de Voltaire en Angleterre.
1731. — Voltaire : Histoire de Charles XIL
1732. — Zaïre.
1733. — L'abbé Prévost : Manon Lescaut.
1734. — Montesquieu : Considérations sur iea causes de la grandeur et de la décadence des Romains.
1735. — Nivelle de la Chaussée : Le Pi'éjugé à la mode inaugure un genre nouveau qui s appellera : comédie larmoyante sérieuse, ou drame.
1743. — Mérope.
1748. — 'L'Esprit dos lois — Les matières de la jurisprudence entrent dans la littérature.
1749. — Diderot : Lettre sur les aveugles. — Première indication d'une doctrine athée.
Buiïon : trois volumes de V Histoire naturelle. — Les matières de l'histoire naturelle entrent dans la littérature
Seconde période (1750-1789). — La littérature, devenue une arme de combat et un instrument de propag-ande, produit les œuvres dont l'influence aboutira à la destruction de l'ancien ordre politique, social et rolig-ieu.x.
1750. — J.-J. Rousseau : Discours sur les sciences et les arts.
1751. — Les deux premiers volumes de V Encyclopédie. "Voltaire : Le Siècle de Louis X/V.
1753. — Bufl'on h l'Académie : Discours sur le style. 1755. — J.-J. Rousseau : Discours sur l'origine de V inégalité.
1750. — Voltaire : Essai sur les mœurs.
1757. — Diderot : Le Fils naturel.
1758. — J.-J. Rousseau : Lettre sur les spectacles 1760. — La Nouvelle Héloïse.
1762. — \j Emile. — Le Contrat social. 1772. — L'Encyclopédie est achevée.
1775. — Beaumarchais : Le Barbier de Séville, 1778. — Mort de Voltaire.
1784. — Le Mariage de Figaro.
1787. — Bernardin de Saint-Pierre : Paul et Virginie.
Troisième période (la Révolution). — La littérature est épuisée. Mais, sous le coup des événements politiques et sous l'influence de la commotion g-énérale, la tournure de l'esprit va se modifier, et de cette période sortira une littérature renouvelée et régénérée.