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CHAPITRE XXXIV

CHATEAUBRIAND. — Mme DE STAËL.

II. Chateaubriand. — Sa vie ; l'homme. — René. — Le Génie du chrVi' lianisme. — Les Martyrs. — L'écrivain ; son influence.

IIL M™e DE Staël. — Sa vie; son caractère. — Ses écrits. Le livre

De VAUemaone. — L'écrivain; son influence. Joseph de Maistre. — Joubert. — ontanes. — Paul-Louis Ctourier.

11 est difficile de fixer dès aujourd'hui la place qui doit revenir au xixe siècle dans notre histoire littéraire: les hommes et les choses sont trop près de nous, et, en littérature, c'est à une certaine dislance que se trouve le point de perspective. Voici pourtant les quelques traits généraux qu'il est permis dès maintenant d'établir.

Le xix" siècle est, en littérature, une renaissance : il en est une, parce qu'au lendemain d'événements considérables un grand mouvement s'est fait dans les esprits, et qu'il y a eu, à une certaine date, comme une poussée de beaux génies ; '1 est une renaissance surtout, parce qu'il se sépare résolument Jes théories jusqu'alors adoptées et dont se mourait la littérature appauvrie de la fin du siècle précédent. L'imagination et le sentiment reparaissent dans la littérature: de là le développemenf de la poésie lyrique et du roman. En même temps, les sciences prennent chaque jour plus d'importance, et iifluent sur la tournure et sur les besoins de notre' esprit; de là la formation des irenrcs littéraires qm. pur

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leurs méthodes se rapprochent des sciences : l'histoire, la critique. — La langue s'écarte de la simplicité et de la clarté qu'elle avait conservées chez les meilleuis écrivains du xvm" siècle ; elle fait cependant des acquisitions: elle aura plus de couleur. Son principal défaut sera le nombre des emprunts faits aux idiomes étrangers, résultat inévitable de linfluence des littératures anglaise et allemande sur la littérature française de nos jours.

On peut distinguer dans le xix' siècle trois périodes. La première, qui est un temps de préparation, est l'époque de l'Empire : au milieu d'une littérature usée, débilitée, vieillie, des novateurs formulent les théories qui opéieront le rajeunissement littéraire. Une seconde période, qui va de 1820 à 1850, est celle de refllorescence des esprits : beaucoup d'imagination et de puissance créatrice. L'époque moderne, enfin, qui nous semble plus médiocre, parce que les ouvrages produits, n'ont pas encore le prestige que donne le temps, et qui nous semble confuse parce que nous n'avons pas pu encore en démêler les tendances dominantes ; elle restera probablement marquée par la réaction contre le lyrisme de la période précédente et par un retour à l'étude de la réalité.

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