VI. LES CONTEMPORAINS
L'esprit positiviste qui, vers le milieu de ce siècle, s'empare de toute la littérature, se fait sentir également dans les éludes historiques. On délaisse les g-randes compositions d'ensemble pour ne s'attacher qu'aux recherches de détail. On abandonne l'histoire pour l'érudition. Néanmoins nous avons à signaler pour l'époque moderne trois œuvres considérables tant par leur valeur intrinsèque que par l'influence qu'elles ont eue : les Origines du chî'istianisme d'Ernest Renan, les Origines de la france contemporaine de Taine, la Cité antique et VHistoire des institutions politiques de l'ancienne France de Fustel de Coulanges.
Ernest Renan ; sa vie ; ses ouvrages. — Ernesi Renan est né à Tréguier le 27 février 1823. Il nous a lui-même raconté ses premières années, et il a analysé saformation intellectuelle dans un livre d'autobiographie : Souvenirs d'enfance et de jeunesse. Destiné au sacerdoce, il entra au séminaire de Saint-Sulpice; c'est là qu'il commença à étudier la philosophie et les langues anciennes. Ses études critiques, son goût pour 'a philosophie allemande le détachèrent peu à peu de ses croyances. Il renonça à l'état ecclésiastique; mais du milieu qu'il avait traversé, des études qui l'avaient d'abord occupé, il emportait le désir de poursuivre des recherches critiques sur le christianisme. Dans ses /i7;/^es d'histoire religieuse (1857), et dans ses Essais de morale et de critique (1859), il exposait déjà les principes de sa méthode. Une mission en Phénicie lui donna les moyens de l'appliquer. Il visita la Syrie, la Judée, Jérusalem. Il possédait d'ailleurs les langue, sémitiques, syriaques, l'arabe, l'hébreu. La Vie de Jésus, publiée en 1862, souleva de violentes polémiques Go fut le point de départ de la série d'ouvrages qui composent les Origines du c/iristianisme, h savoir : les Apôtres (1800), Saint-Paul (1800), l'Antéchrist
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1873), les Évangiles (1877), l'Église chrétienne (1870), Marc Aurèle (1883). Après ce g-rand effort Renan ne jugeait pas son œuvre terminée. Il songeait à recher- 3her dans le peuple juif les origines plus lointaines encore de la religion chrétienne. l)b ces études est sortie ÏHistoire du peuple d'Israël, son dernier ouvrag-e, un des plus importants de la science française, et l'un aussi des plus critiqués. Renan est mort en octobre 1892.
Le penseur. — L'activité intellectuelle de Renan a été multiple et ne s'est pas limitée à des études spéciales. Gomme érudit il a, pour une large part, contribué à l'étude des langues sémitiques : pendant vingt-cinq ans, il a été l'inspirateur du Corpus inscriptionum semiticarum commencé en 1867 et qui a contribué à renouveler entièrement l'histoire de l'Orient. Gomme philosophe il représente dans l'histoire de la pensée une sorte de scepticisme métaphysique élégant et élevé. « Des voiles impénétrables, dit-il, nous dérobent le secret de ce monde étrange dont la réalité à la fois s'impose à nous et nous accable : la philosophie et la science poursuivront à jamais, sans jamais l'atteindre, la formule de ce Prêtée qu'aucune raison ne limite, qu'aucun langage n'exprime. » L'univers a des lois et une fin ; mais ces lois nous échappent, et cette fin nous reste cachée. La nature est égoïste; elle nous oblige à travailler à son œuvre mystérieuse, sans nous révéler son mystère. La vertu même n'est peut-être qu'une duperie nécessaire. L'absolu de la justice et de la raison n'existe pas en dehors de nous. Dieu existe, non par lui-même, mais par nous. Il est le « produit de la conscience », le suprême idéal.
Renan conc/ jt à la relativité de toute religion comme de la métaphysique. Celle-ci est une poésie Elle vaut pourtant, de môme que toute religion, comme une forme supérieure de l'art. Toutes les créations de l'esprit qui réalisent le beau ont une part de vérité. Renan en arrive presque à admettre que reslhétique est la mesure du
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vrai. Pourtant il reconiiail que la science posilivo a Sa certitude. Cette ceriitude s'élargira conjnie le champ de ses ''echerches : c'est dans le progiès de la science, de la pensée et de l'art, représenté par une élite, qu'esl Vavenir de l'humanité.
L'historien. — Ces idées, Renan les appli^juc à Thistoirc relig"ieuse. D'après lui, pour aborder ces études il faut partir d'un double princij>e : 1° la religion seia ôternelle dans l'humanité', 2* tous les symboles reiig-ieux jont périssables. Ces deux principes doivent être complétés par un autre qui est comme un postulat antérieur à toute recherche : « la négation du surnaturel », car le miracle n'est ni démontré ni démontrable. Les religions sont des faits de conscience. Parmi ces faits, les [>lus curieux sont les phénomènes originels. Ce qui intéresse donc dans l'histoire du christianisme, ce sont les débuts, ce que Renan apfjeiîo w !'oml)iyogénie ». Il est vrai que i'étude en est difticile. Les origines sont obscures, les explications données sont contradictoires; mais aussi ne faut-il pas se flatter de donner des solutions con)j)lètes. Ce qu'il faut rechercher en do telles matières, c'est moins l'exactitude que la vraiseniblunce, c'est la justesse du sentiment général et la vérité des couleurs. Il est même permis de « solliciter doucement » les textes; car le meilleur instrument de la critique est ici le goût.
Renan en airivo ainsi, f>eu à j^eu, à faire de l'histoire une œuvre d'art, u La l'aison d'art, dit-il dans la préface do la Vie de Jésus, en pareil sujet est un bon guide. L'essentiel pour l'historien est donc do faire une œuvrf dont toutes les parties se tiennent, se commandent, s'appellent. 11 faut mettre dans les choses l'unité que notre conscience nous révèle ; et le grand signe que l'on tient le vrai est d'avoir réussi à combiner les textes de manière à ei laire un récit logique et vraisemblable où vicn ne soit omis. »
On i)eut donc marquer assez exactement la place de Renan comme historien du christianisme et du judaisnje. lî n'est original ni par les principes de la critique, ni par les résultats mômes do ses i^echcrches. Mais il a contribue
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surtout à faire de l'histoire reli-g-ieuso un genre littéraire, tandis qu'elle n'était, avant lui, qu'œuvre de controverse "":: d'érudition.
L'écrivain. — Les travaux de Renan ont soulevé des discussions dans lesquelles il ne nous appartient pas de prendre parti. Mais le mérite de l'écrivain est indiscutable. L'histoire est pour Renan la résurrection des sentiments, des idées d'un temps, aussi bien que du milieu social et politique où ces sentiments et ces idées se sont produits. De là sa sympathie pour ses personnages et la vie qu'il leur donne toujours, même quand il fausse les traits de leur caractère ou de leur physionomie. Par exemple, on n'a pas écrit, sur la prédication chrétienne, sur la ferveur des premières églises, de pages plus touchantes et plus simples à la fois que celles de Saint Paul.
Renan est aussi un coloriste. Il ne se contente pas d'évoquer les personnages, il peint aussi les régions où lis vivent, les lieux où ils se meuvent. Ces descriptions n'3otpas le pittoresque de celles de Michelet, mais elles ont plus de précision. C'est dans ses descriptions surtout que Renan est exact. La connaissance personnelle des endroits qu'il décrit, l'emploi des monuments archéologiques aussi bien que des documents, donne à ses tableaux beaucoup de variété et de vérité.
Ce qui caractérise surtout le style de Renan, c est le charme. La langue est simple, la phrase est caressante, harmonieuse. A ce dilettante il fallait un style souple, ondovant, traduisant toutes les délicatesses et aussi toutes les incertitudes de sa pensée. Il se comf)lalt dans les nuances. Sa prose fine, aimable, avec des teintes d'ironie 3t parfois de tristesse est bien le miroir de sa pensée.
Hippolyte Taine; son système. — Gomme Renau, Taine ' est surtout un philosophe. Son œuvre pré-
{. H. Taine (1828-1893) fut élftve de rKr>ole norntnie et atainrionna bionlôt se., fînclioi» (lai.3 renseignement où il se trouvait gôné pour rex|>rt'ssion de ses idées. la lionne'! en pliibsophio : Philosophes fi-ançais du xix« siècle; De l'intelligenee. - En critique littéraire : Essai» de lyritique et d'histoire , Njuveoux Essais ; La [<'oiitaine et ses fahles ; Histoire de la littérature anglaise. — En criliiiue arli». iqiip : Philosophie de l'art — En tiistoirs ■ Origtnes delà France eoiUetnpor ^nc tl a écrit, en ottre, un VTjayc aux Pyréixtts des i^tudes surém J'/iilost./>^>v
sente l'unité d'une doctrine dont toutes les parties sonl Jiéesetdont il cherclie l'application dans les grands faits humains qu'il analyse: la littérature, l'art, la société. De là l'incontestable puissance de cette œuvre ; de là aussi ses lacunes et ses défauts.
Le point de départ des théories de Taine est celui du positivisme : la négation de toute métaphysique. Les causes « sont hors de la portée de l'intellig-ence humaine, de sorte qu'on ne peut rien affirmer ou nier. » Le seul objet de la science est la connaissance des lois, c'est-àdire, de « quelques faits g-énéraux et simples auxquels on peut ramener les faits complexes et particuliers. » La cause des faits est dans les faits eux-mêmes. Toute la méthode consiste à les analyser, à les grouper dans quelques formules et à ramener ces formules à quelque axiome universel.
Le second principe du système est l'identité de tous les faits observables et observés, par conséquent des phénomènes humains et des phénomènes de la nature. Gomme les phénomènes physiques, les phénomènes moraux ont leurs rapports de dépendance et leurs conditions ; ils sont liés entre eux et se déterminent les uns les autres. Il faut donc leur appliquer la même méthode qui est celle des sciences naturelles et biologiques.
Sa méthode. — Voici comment Taine applique son systèmeà la littérature, à l'esthétique, à l'histoire. S'agitil d'un écrivain? Il faut d'abord déterminer l'aptitude dominante, et de ce trait fondamental déduire toutes les conséquences. Par exemple Tite-Live sera un « génie oratoire, » et cette donnée expliquera toutes hs particularités de son œuvre. Shakespeare sera surtout un a Imaginatif » ; de cette qualité maîtresse procèdent toutes les autnes. — S'agit-il d'une littérature. Il faul pour la comprendre connaître le génie national. Ce génie peut-être ramené lui-même à trois éléments : la race, le milieu, les circonstances. Le génie 'me fois
françai» Uu iix* tiicle, une Vi« et optnwns da Thomas Graindorg» et des JVotes Htr l'Angleterre.
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reconnu et défini, il ne reste plus qu'à noter ses productions. Ainsi, l'histoire de la littérature anglaise sera l'histoire du génie anglais.
Dau£ '^es Origines de la France contemporaine, Taine 8 applique cette méthode à l'histoire. Dans l'histoire comme clans les autres sciences, il faut d'abord classer les faits, puis les réunir en groupes, étudier ainsi isolément toutes les manifestations delà vie sociale, la religion, l'art, la philosophie, la famille, l'industrie, le commerce, l'État, etc. Derrière ces groupes en apparence divergents, on reconnaîtra quelque chose de commun qui échappe au premier coup d'œil, certaines aptitudes et certaine.? inclinations qui les causent et les justifient. Ces aptitudes ou ces inclinations forment le type social qui explicjue tout : ainsi, au moyen âge et au cours de toute notre histoire, l'esprit miUtaire et l'esprit de conversation, pendant la Révolution, l'esprit classique. Ce caractère ainsi défini, nous n'avons plus qu'à en montrer le mécanisme, les applications diverses, les résultatè.
Taine en arrive donc, par sa doctrine même, à faire de la déduction la méthode des sciences historiques. Nul plus que lui n'a le don de « systématiser » les faits. C'est là le danger de cette méthode appliquée à une science d'observation comme est l'histoire. Taine met dans les événements une unité qui n'existe pas. Il les déduit géométriquement les uns des autres, il en décrit les ressorts, l'action, la réaction, avec une vigueur qui supprime toute place au hasard ou à la liberté. L'homme devient un automate mû par quelques idées fixes ou quelques forces simples. Ces forces une fois reconnues, nous n'avons plus qu'à en montrer le jeu. Comme la psychologie, la littérature et l'art, l'histoire se ramène à un problème de mécanique. Ces réserves faites, il n'est jue juste de reconnaître les services rendus par ce vigoureux esprit aux progrès de l'histoire.
L'écrivain. — Cette rigueur de méthode, cette puissance de déduction ont donné au style de Taine un relief incomparable. La qualité maîtresse en est la force. Tame possède à un haut degré l'art de concentrer les
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faits, de les grouper, de leur donner une conésion; il arrive par là à peindre à larges traits et à montrer des ensembles, ue chapitre fameux sur la « psycholog^ie du Jacobin » est en ce genre un modèle. Mais ce stylo n'est jamais aride, car Taine a en outre l'imagination. Oe là ie coloris qu'il donne à sa pensée, le choix <le métaphores heureuses et neuves. Taine a donné notamment dans son Voyage aux Pyrénées d'admirables descriptions. Il faut ajouter à ce dofi de voir, de poindre les choses par le dehors et avec relief : l'esprit. Le philosophe de Vlntelligence est aussi l'humoriste de Thomas Graindorge.
Taine est l'un des esprits qui ont mis sur la pensée contemporaine la plus profonde empreinte.
Fustel de Coul anges, sa méthode; sa conception de riiistoire. — La vie de fusict ae Cou- /a/i^es ( 1830-1889), de même que celle de Taine, appartient tout entière à la science. Son œuvre tient dans deux ouvrages : la Cité antique (1864), l'essai d'explication le plus profond elle plus comi»let des sociétés antiques, et VHistoire des instilulio7is politiques de Vancienne France (1875-1889) qui fut l'œuvre capitale de sa vio o\ qu'il n'eut pas le temps d'achever.
Étudier directement et uniquement les textes dans le plus minutieux détail, no croire que ce qu'ils démontrent, écarter de l'étude du passé les idées modernes qu'on est tenté d'y transporter indûment, tels sont les jjoints essentiels de sa méthode. Pour lui, l'enquête historique se réduit donc à l'analyse des textes.
Quelle conception Fustel de Goulanges se fait-il de l'histoire? D'après lui, deux lois dominent toute Thisloire de l'humanité ; la première est celle de la continuité des choses, la seconde celle de leurs lentes transformations. Les sciences historiques doivent donc à la fois retrouver ce qui a été, et dans ce qui a été, marquer les germes de ce qvii devait être. Elle est la science des origines, des enchaînements, des transformations, la science de u devenir ».
l'uslel do (.boulanges considère donc rhistoiro comme
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tme mécanique universelle, où viennent se perdre les i,.J.iences personnelles da génie et des passions, lies accidents du hasard. Lui-môme a appliqué cette méthode en étudiant les deux grandes révolutions qui ont préparé le monde moderne : la transformation les croyances antiques, la g-enèse de la société féodale. Il croyait que l'histoire enferme une philosophie et que cette philosophie est nécessaire à l'action. « Elle ne dira pas sans doute ce qu'il faut faire, mais elle aidera peut-être à le trouver » Son style. — Fustel de Goulanges ne pense pas que l'histoire soit autre chose qu'une science exacte; aussi n'a-t-il cherché dans le style d'autre qualité que « le mérite de bien écrire ». Entendez par là qu'il rejette tout ce qui est parure, vain ornement, bon style vaut par les qualités classiques : concision, sobriété, simplicité*-
RÉSUMÉ
257. L'une des plus importantes conquêtes de la littérature au xix^ siècle est la renaissance des études historiques.
258. Augustin Thierry (1795-1856) en a été le promoteur. Le premier, il a le sens de la vérité historique. Il comprend que l'histoire doit être à la fois une œuvre de science et une œuvre d'art, et dans les « Récits des temps mérovingiens » il donne le modèle de cette histoire pittoresque fondée sur une exacte érudition.
1. Adtrks HisTOBiENS. — A cété des œuvrei de ces maîtres de l'hisloire au XIX» siècle, il faut encore signaler quelques-uns des nomhieux et remarquables ouvrages auxquels onl donné lieu de nos jours les éludes liisloriques.
Alexis de TocqnevUle (1805-1860), formé K l'école de Guizot, a étudié ave* beaucoup de force dans la Démnrratie en Amérit/ue (1835) et dans l'Ancien tégime ri t<i ItévohtlioH (ISuO) le jeu des instilulioiis |wlilii|iie8 el sociales.
De Barante (ITSl'-ISfiO), a donné une Histoii e îles rfi/es </e Bourgogne (1823); de VIel Caatel (IHOO-18S7), une fiistoin- rie lu Hrslninniion. .;
Louis Blanc (l!Jll-ls87), dans son Histoire lie Jhx uns (1841), son Histoire 'II- la ftévoliition française et son Histoir- de la Révolution île tfi4S. a surtout "■nf servir l'histoire h la confirmation de ses théories politiques.
Henri Martin (181(1-1883), a donne dans son Histoire de France une con-
icncicusc compilation.
250, François Guizot (1787-1874) est, en écrivant l'histoire, surtout un homme d'État. 11 ne s'occupe pas de décrire les faits, mais de montrer leur enchaînement. Il est chez nous le fondateur de l'histoire politique et sociale.
200. Adolphe Thiers (1797-1877) a raconté, avec la lucidité d'esprit de l'homme destiné aux grandes aiïaires, l'Histoire de la Révolution française et celle du Consulat et l'Empire ». Il excelle à élucider les questions de finances et d'art militaire.
201. François Mignet (1790-1884) a eu surtout le talent de condenser en quelques traits les caractères d'une époque : l'histoire devient entre ses mains une généralisation à propos des faits.
202. Jules Michelet (1798-1874) mêlant h l'histoire la poésie et le sentiment, en fait une résurrection. Homme de parti et de passion, il est souvent injuste, et son histoire dég-énère en pamphlet. Mais nul prosateur, au xix" siècle, n'a écrit dans une langue plus colorée.
20;^. Ernest Renan (182;^1892) a fait entrer l'histoire religieuse dans la littérature. En philosophie, il représente le doute. Son style est remarquable par la souplesse, le sentiment des nuances et l'ironie.
264. Hippolyte Tains (1828-1893) applique la méthode positiviste à l'histoire, à la critique littéraire et artistique. Esprit vigoureux, il a ouvert beaucoup de voies à la pensée contemporaine. Son style, souvent tendu, vaut par la force et l'éclat.
^5. Fustel de Coulanges (1830-1889) a pour méthode l'analyse scrupuleuse des textes. 11 a étudié surtout les lois de tiansformation des sociétés ; son style çst remarquable par la simplicité et la sévérité. ^
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LECTURES RECOMMANDÉES
J.Simon, Thiers, Guizot, Rémusat. Éloge de Mignet. — Valentin, Augustin Thierry (classiques populaires). — Gabriel Monod, Jules Michelet. — P. de Rémusat, A. Thiers (grands écrivains français). — Bardoux, Guizot (ibid). — G. Séailles, Ernest Renan. — Victor Giraud, Hippolyte Taine. — L. Levrault, l'Histoire (les genres littéraires). — F. Strowski, La littérature française au xix' siècle (P. Mellottée).
TEXTES A CONSULTER
Augustin Thierry (Garnier); Guizot (Perrin) ; Thiers (Furne); Mignet{Perr\n); Michelet (Flsimmeinon); Renan (Calmann Lévy); Taine (Hachette) ; Pustel de Coulanges (Hachette).