LES CONTEURS. Ï
entre en Scôhc, Pamtrge, sorte de bohème qui séduit Pantagruel par* èâ mine spirituelle et va devenir son eompàg-non ordinaire.
TîËfiS LIVRE. — Panurg-e demande conseil à P, nta- ^luel pour savoir s'il doit se marier. Cette question va de^enit' l'unique sujet du roman. Pour trouve^ la solution, Panurg-e S'adresse successivement au soi*t, au* songes, à la cabale, à une sibylle, à un muet, au vieux poète mourant Rominagrobis^ au chiromancien Her THppa, au théolog-ien Hippothadée, au médecin Rondibilis, àù philosophe pyrrhonien Trouillogàh, ûii fou l^riboulet. Sur le conseil de ce dernier^ Panurg-e et Pantagruel s'embarquent pour aller consulter l'oracle de la dive Bouteille.
Le OUARt LIVRE. — L'oracle ^éside au Gathay, pays situé au nord de l'Inde. Au ôours d'une navigatioh ftintàstiquë, nos voyag-eUrs touchent à diverses îles dont chahUtle cache uhe allégorie et personnifie une erreur Ou un vice de l'homme. C'est l'île de Procuration dû habitent les Chicanoux (gens de justice), l'île de Tapinois habitée pût" CëreSmë-Prenant (catholiques), l'île Farouche, feéjoU^ des Andouilles (protestants), l'île des Papeflg-Uès (persécutés pour avoir fait la figue au paf)e)j l'île des P&pimahes (partisattS du pape), l'île de Gaster (épicuriens).
LECîitiiQuiÈMfe Livré. — Il fâUt faire Une place à part au cinquième livre. Composé probablement sur un plan qu'avait laissé Rabelais, il porte dans l'exécution la marque d'UUe main autre que la sienhe : aussi se^aitil téméraire d'attribuer à Rabelais toutes les idées qui y sont formulées. Les tendantes protestantes, dont Rabelais s'écartait de plus eh Jîlus, sont ici nettëmeht aecusées- Les attaques ont une âpreté qui contraste avec le ton de g-aielé et de bonhomie que Rabelais a toujours fCardé darlS seë critiques.
C'est sur ce ton de haine que l'auteur inconnu hous i'arle de la Rome catholique. Il la symbolise par l'Islë Bolinnnte, ainfii nortimée du tumulte qu'y font « cloches M-osses, petites et médiocres ensemble sonnantes » Elle
est habitée par un peuple d'oiseaux de plumage noms bariolés : « clerg-aux, monag-aux, prestreg-aûr',' abbeg-aux, evesg-aux, cardingaux et papegaut qui est unique en son espèce ». Au lieu de la peinture semiapitoyée que faisait Rabelais des pauvres chicanoux, qui gagnent leur vie à être battus, voici sous quels traits farouches, on nous présente les gens de justice :
Les chats fourrez sont des bestes moult horribles et espouvantables : ils mangent les petits enfans, et paissent sus des pierres de marbre... Ont aussi les griphes tant fortes, longues et asserées que riens ne leur eschappe depuis qu'une fois l'ont mis entre leurs serres... Ils brûlent, écartellent, décapitent, meurdrissent, emprisonnent, ruinent et minent tout sans distinction de bien et de mal.
Les voyageurs abordent encore à l'île de Dame Quinto Essence, pays des abstractions et des chimères, touchent à d'autres îles, et, conduits par la Lanterne, c'est-à-dire par l'étude, arrivent au temple de la Bouteille, c'est-àdirr de la science, où ils entendent enfin la réponse désirée. « Trinch », dit la bouteille, mot entendu do toutes nations et qui signifie : « Beuvez ». Le vulgairo prendra ce conseil à la lettre, et en buvant oubliera ses misères. Les hommes d'esprit plus rélevé l'interpréteront et boiront aux sources de la science. Tel est le dernier mot, non de Rabelais, mais d'un continuateur qui recueilli sa pensée.
Les idées générales de Rabelais. — Essayôïïi maintenant « de rompre l'os et sugcer la substantifiquo mouelle » et de trouver la « doctrine plus absconce ». Il faut ici user de beaucoup de réserve. Rabelais n'est pas plus un grand pontife qu'un ivrogne : toutes ses fantaisies n'ont pas la valeur dé théories philosophiques. Meus Rabelais a une philosophie. Il est de ces esprits, si nombreux au XVI» siècle, qui ont une foi, qui se sont fait une conception générale de la vie et tiennent à dire leur mot sur l'humanité. Voici en quoi il diiïère. Tandis que ses contemporains sont presque tous dogmatiques jusqu'au fanatisme, et que persécutés et persécuteurs sont ai!-"^'" intolérants, Rabelais a horreur de toutes les soi i ;de fanatisme. Antiphysis engendra « les démouiaclus
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