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LES CONTEURS

calvins imposteurs de Genève, les enraig^ez putherbes \ brillaulx, caphars, chattemiltes, cannibales et aultres monstres difformes et contrefaicts en despit de nature ».

Rabelais est tolérant. Ne serait-ce pas qu'il est indifférent? Il n'admet pas qu'on impose violemment la vérité. Ne serait-ce pas qu'il doute que personne puisse se flatter d'être en possession de la vérité? En effet, il ne semble pas suffisant de voir dans le problème qui remplit les derniers livres de son ouvrage l'unique question de savoir si Panurge doit ou ne doit pas se marier. La question est plus générale et nous intéresse tous. Peut-on trouver des raisons pour prendre un parti, pour se déterminer dans un sens plutôt que dans l'autre? C'est la question même de la destinée humaine et de l'autorité de la raison. On s'adresse sans succès à toutes les doctrines. 11 y a là une profonde ironie à l'adresse de la raison. Le conseil le plus sage est donné par un fou, Triboulet : le juge Bridoie juge ses causes en les jouant aux dés, et il les juge bien. De tous ces symboles une doctrine semble bien se dégager; et elle a un nom : le scepticisme.

Théories particulières ; l'éducation. — Sur certains points particuliers, la pensée de l'auteur est plus facile à saisir. Ennemi déclaré du moyen âge, Rabelais en poursuit l'esprit dans toutes ses manifestations. C'est l'esprit chevaleresque, la manie conquérante : Picrochole, à qui ses conseillers promettaient l'empire du monde, finit comme simple guaingnedenier à Lyon ; le roi vaincu des Dipsodes, Anarche, flevient marchand de sauce verte. C'est l'esprit scolaslique raillé dans la harangue de maître Janotus ; c'est surtout le système d'éducation, auquel Rabelais substitue un programme plein d'idées neuves et pour la plupart excellentes.

Gargantua a d'abord subi l'éducation en vigueur dans les écoles du moyen âge, appris des manuels et récité des formules.

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