LE THÉÂTRE AU TEJIPS DE CORNEILLE
Rotrou. — Corneille a fixé pour un temps la forme de la littérature dramatique. Des écrivains qui ont débuté nvant lui, et ceux-là mêmes qui l'avaient combattu, subissent son influence. Jean de Rotrou (1609-1650) esîi parmi ceux qui lui doivent le plus; mais du moins cu'.-i! le bon goût de se montrer disciple reconnaissant.
1. Voici la liste des pièces do Cornnille : Mëlite, comédie, 1620. — Llitnndr.-, Vagi-coiiiédic, 1632. — La Veum;, com., 163:). — La Galerie du Palais, com,, 1633. — La Suivante, com., 1634. — La Place Royale, com., 1634. — Até(lée,iriigMie, 1635. — L'illusion comique, com., 1636. — Le Cidi Iragi-com., 1636 (7). — Horace, Irag., Cinna, Irag.,; Polyeucte, Irag., (1640-1642). — La Mort de Pompée, trag. ; Le Menteur, com.; La SuUe du Afemeur, com, it6t3-1644). — Rodo gune, Iraj;. ; Théodore, trag., 1615. — Héraclius, trag., 1649 — Andromède, tragédie à muclilnes. 650. — Don Sanche d'Aragon, com^'du lic^roïque, 1650. — Nicomède, trag., 1651. — Perthartle, trag., 1652. — Œdipe, Irag. 1659. — Ls Toison d'or, tragédie à machines, 1600. — Sertorius, tr.-ig., 1602. — Sophonisht, Irag., 1663. — àtlion. trag.. 1665. — Agéailas, trag., 1660. — Atlila, trag., 1667. - Tile tt Dirémce, com. lier., 1670. — Psyché, tragi^dlebailcl (on collaboratioo ii\ac Moli<;'"e), 1071. — J'tUchérif. com. lier-- — Suréna, trag., 167*.
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Nature g-énêreuse, caractère aventureux, Rotrouvilen dissipateur, et meurt en héros. Il avait donné sa première pièce, V Hypocondriaque, en iiS2S, un an avant Mélite. Mais doué de peu d orig-inalité, il se contente de subir les courants et de suivre une mode quil n'a pas faite. 11 s'essaye d'abord dans le genre romanesque ; après Mairel, il se tourne vers la tragédie à sujets antiques; après Corneille, il aborde le drame religieux, Saint-Genest (1646) : cette pièce est, avec le Venceslas (1647), le chef-d'œuvre de Rotrou.
Du Ryer. — Du Ryer (1600-1658) fournit une carrière analogue. Il débute par des pastorales, continue par des comédies dans le genre de Mélite, emprunte des sujets h la source religieuse [Saul, Esther) et doit aux Romains de Corneille l'inspiration de son meilleur ouvrage^i^e^ro^e. Corneille domine ces écrivains de toute-kr hauteur de son génie. Il est le maître du théâtre de son temps. Pour le détrôner, il faudra changer la conception qu'il s'était faite de la tragédie et inaugurei un art tout dilïerent du sien.
121. Alexandre Hardy (1550-1030), en s*inspiranf de l'Espagne, crée en France un théâtre qui s'adresse directement au publifc et intéresse des spectateurs même ignorants par le mouvement et la variété des incidents.
122. Théophile (1590-I62G), en s'inspirant de l'Italie, donne en 1617 la tragédie de « Pyrame et Thisbé » owivre d'un art plus délicat, où il trouve la langue qno convient à l'amour.
123. Malret (1604-1686) inaugure le théAtre régulier par la représentation de sa « Sophonisbe » (1629).
124. Pierre Corneille (lOiMi-lOS'»' est le premier en date de nos grands poètes dramatiques. 11 débute par des comédies, où il donne l'image de la conversation de?
honnêtes gens. « Le Cid » ^103G) est notre première trag-édie classique de génie. « Le Menteur » (1643), notre première comédie <4e caractère Mois, à partir de 1652, le génie de Corneille s'affaiblit; le poète n'est plus en accord avec une société qui s'est renouvelée : il verse d'ailleurs du côté de la complication de l'intrigue. A-près l'échec de « Pertbarite » (1652), il quitte momen» tanément le théâtre : il le quitte définitivement, après i'écnec de <i Suréns^ » en 1674.
125. Le génie de Corneilie a pour trait distinctit la gfrandeur : son théâtre a pour inspiration principale l'héroïsme.
126. Dans son théâtre. Corneille cherche à produire le pathétique d'admiration. Il encadre dans un milieu historique le développement des passions généreuses telles que le patriotisme', le souci de l'honneur, la clémence, le dévouement ^lafois. Il ne donne à l'amour qu'un rôle secon^^aire. 11 sesounri'it aux trois unités, mais en protestant contre èiroiiesse de ces règles qui le gênent.
127. Son style est inégal, souvent emphatique et de mauvais goût : mais il a les qualités oratoires-, l'éclal dans le dialogue, l'énergie dans l'expression des idées morales.
128. Rotrou (1609-1650), dont les meilleures pièces sont « Saint-Genest » et « Venceslas », et Du Ryer (1000-1658), dont le chef-d'œuvre est « Scévole », doivent la plus grande partie de leur talent à l'imitation de Corneille.
LEGTUaES RECOMMANDÉES.
Eug. Rigal, Alexandre Hardy et le théâtre français. — Picot, firbliographie cornélienne. — Brunetière, les Époque? du tMâtrt
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français. — Maisan, La pastorale dramatique. — L. Pei-son, le Saint-Genest, le Venceslas de Hotrou. — L. Curnier. Étude sur Jean Rotrou. — J. Lemaître, Corneille et la Poélique d'Aristote. — Bousquet, Points obscurs de la vie de Coi'neille. -^ Lanson, Corneille (grands écrivains fi-ançais). — L. Levrault, Auteurs français (éludes critiques et analyses). Drame et Tragédie (les genres littéraires).
TEXTES A CONSULTER
Corneille (Marly-Laveaux, collection des grands écrivaspde la France). — Hotrou, Œuvres choisies (Hémon).