‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 67 sur 223 · LES MORALISTES : PASCAL. 2SS · texte numérisé non relu

LES MORALISTES : PASCAL. 2SS

D'ailleurs la religion même n'apportera pas le repos à l'âme de Pascal. Ceux-là peuvent se reposeï chez qui la oroyance est l'acquiescement produit par l'évidence. Mjiis le Dieu de Pascal est le Dieu caché qui ne "^ sejréyèlf^ qn'ft gn^lgiips-jing^T^^jj^n pf^rfifl.• kcroyançe est en pa^tieœuvre de volonté et d'amour. « C'est te cœur qui sent fii^n, et non la raison. Voilà ce que c'est que la foi : Dieu sensible au cœur, non à la raison. » Et c'est de toutes les forces de son être, de toutes les ardeurs de sa nature que Pascal va tendre vers Dieu. Cette fm est profonde : « Tu ne me chercherais pas, si tu ne m'avais déjà trouvé. » Elle n'est pas sereine..L« Jejie puisapprouver que ceux qui cherchent en gémissQjit. »

Les Pt>n!irp>: nous montrât, non pas un nouveau Pascal, l^i.cal tout entier avec tous les traits

qui le caractérisent. "^^^ La ].)assio n,Ja vioj^encedu géniô: c'est de front que Pascal choque son adversaire, heurtant sespréjug-és, ses craintes, ses scrupules, dans une âpre discussion qui ne lui laisse ni intervalle nour se reprendre, ni détour pour s'échapper. -S-'L^mertume de l'ironie : en passant par la bouche de Pascal, les arguments et les phrases de Montaigne y prennent un autre accent. Montaigne se jouede nos faiblesses et s^ amuse: Pascal en souffre pour noûsTr^LéJôur dramafiq^lf^ dft Lûapdi: les Pensées sont un drame, une lutte avec le doute, et la forme du dialogue vient comme d'elle-même sous la plume de Pascal. -^Lajjuissanfie évocatrice ^e l'imagination : c'est par là que Pascal (mystère de Jésus) voit l'aaonit^ f^f^ .Tésns, au point d'y prendre sa part. « Je pensais à toi dans mon agonie; j'ai versé telle goutte de sang pour toi. » C'est encore-pàr là ciujiyant In visinn muti^rirlln de la petitesse et de i'isûicm£ntjde JlbiM»*»©j — i4~6ft^vient à pousser ce çri 'eilroi : « Le .silence éternel 4^ C6S espaces infinis tnWrâyai »

L'écrivain. — Quelques-unes des Pensées de Pascal se rapportent à la manière d'écrire. Elles reviennent toutes à établir la nécessité du naturel. PascaîTi> proscrit tout ce qui est artifice : « la vraie élcquence

se moque de l'éloquence; » |çs ornements inutiles; les antithùses, qui ne sont que jiour la symétrie comme de fausses fenêtres ; les élégances, qui sont des impropriétés ; « masquer la nature et la dég"uiser. Plus de roi, plus de pap^ d'évéques, mais aug-usle monarque, etc. ; plus de Paris, capitale du royaume. Il y a des lieux où il faut appeler Paris Paris, et d'autres où il le faut appeler capitale du royaume. » Et voiciTimpression dernière qui doitressorJi£ d'une œuvre littéraire r« Quand on voit le style naturel, on est tout étonné et ravi, car on s'attendait dejvoir uixiiuteurj et^^ »

Pascal a refait treize fois la dix-huitième provinciale et chargé de ratures les fragments des Pe?isées : nous voyons désormais en quel sens était dirigé ce travail. , Afin de trouver ce naturel, Pascal emploiera toujours \e motjpropre, lùt-ce le motpopulftir^ et dût s'en êffarQuçher le ^oùt des délicats. « Les misères qui nous touchent, qui nous tiennent à la gorge... Si on y songe trop, on s'entête, et on s'en coiffe... On leur donne des charges et des aiïaires qui les font tracasser dès la pointe du jour... Ceux qui croient que le bien de l'homme est en la chair, et le mal en ce qui le détourne des plaisirs des sens, qu'ils s'en soûlent et qu'ils y meurent... Je vois donc des f oisons de religions. » Que si la construction gr'ammatioale dérange l'ordre natureldes idées, Pascal la sacrifie. « Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, toute la face du monde était changée. » « Le plus grand philosophe du monde sur une planche plus large qu'il ne faut, s'il y a audessous un précipice, quoique la raison le convainque de sa sûreté, son imagination prévaudra. » Le relietl de l'expression, Ijrïiage rapide et saisissante, l'imprévir et l^uivorité du tour, ce sont quelques-unes des qualité du style de Pascal. Ou plutôt, il ne faut pas cherche ici ce qu'on appelle ailleurs des qualités de style. C'est chez Pascal qu'on trouve un homme au lieu d'un auteiï^rj et swT style n'est qïTà lui, parcc ciu'il est In fidèlejÊXPrcssion detuu^^ies-lruilii-diL ^n géiue.„ (Joiit il reflète jusqu aux hardiesses et aux brusqueriesJI

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