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On n'y trouverait non plus ni iDeaucoup de relief, ni un très brillant coloris : les teintes sont discrètes, souvent eflacées ; l'élégance, la sobriété, le bon g-oût en font le mérite, ^surtout on aime à deviner dans l'auteur r<les Mémoires le futur auteur des Maximes : La Rochefoucauld fait déjà œuvre de moraliste pénétrant en découvrant, mieux que personne autre, les causes multiples d'événements où il avait été mêlé, et les mobiles cachés de personnages qui avaient mis on action la philosophie dont il allait se faire le théoricien.
Les « Mémoires » du cardinal de Retz. Sa vie. — Avec le cardinal de Retz^ nous allons enfin nous trouver au cœur des événements, le récit va s'animer, les figures prendre vie : car celui-ci a joué un rôle au premier rang; il est, de plus, un admirable metteur en scène et un artiste, et peut-être même a-t-il été par-dessus tout un artiste. Paul de Gondi, né en 1614, était le neveu de François de Gondi, archevêque de Paris : c'est dans l'espoir de lui succéder un jour qu'il s'attacha à l'Église, bien qu'il eût « l'âme la moins ecclésiastique de l'univers». Il fut en effet nommé coadjuteur en 1043, après la mort de Louis XllI, et obtint à force d'intrigues le titre d'archevêque et le chapeau de cardinal. 11 nous a lui-même donné le d^Hail des duels et des aventures de sa jeunesse, puis le récit de ses intrigues de chef de parti. Les Mémoires n'ont pas d'autre sujet, et, jusqu'à l'année 1G55 où ils s'interrompent brusquement, ils ne nous laissent rien ignorer. Emprisonné à Vincennes d'abord, puis à Nantes, Retz parvient à s'échapper, séjourne en Italie, en Flandre, en Angleterre, poursuivi par la haine de Mazarin, maintenant contre celui-ci la possession du titre et du pouvoir effectif d'archevêque. Après la mort de Mazarin, il fait son accommodement avec Louis XIV et obtient, en échange de l'archevêché, le titre et les revenus de l'abbaye de Saint-Denis. C'est une nouvelle période dans la vie de Retz. L'ancien émeuticr mène une v'c de seigneur provincial dans son château de Gommercy. La confiance de Louis XIV vient l'y chorcher, cJ c'est en suiol dévoué qu'il remplit des missions diploma,*
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[iques à Rome auprès d'Alexandre VII, "puis dans l6 conclave qui prépare l'élection do Clément IX II y a Tiieux, et Ketz va encore faire une fin chrétienne. Pendant les dernières années, et aux approches de la mort, il semble que les enseignements de Vincent de Paul se soient réveillés chez lui et qu'il ait été entraîné dans ce grand courant de piété auquel bien peu d'âmes résistaient alors. II abdique le cardinalat, abandoime la composition des Mémoire!' (167.5) et mène une vie pénitente. C'est le 24 août 1079 que mourut « le bon cardinal », comme parle M"' de Sévig-né.
L'homme. — Retz n'est devant l'histoire qu'un ambitieux qui sacrifia le repos public à des vues d'intérêt personnel, rivalisa d'influence avec Mazarin et échoua pour n'avoir eu d'habileté que dans le détail, sans vues d'ensemble et plan suivi. Mais les Mémoires nous permettent de préciser la nature de son rôle et de fixer les traits qui caractérisent sa physionomie. Retz est moins un ambitieux qu'un intrigant. C'est ce que La Rochefoucauld a bien discerné : « Il paraît ambitieux sans Tétre ; la vanité et ceux qui l'ont conduit lui ont fait entreprendre de grandes choses, presque toutes opposées à sa profession. 11 a suscité les plus grands désordres dans l'Ktat sans avoir un dessein formé de s'en prévaloir, et, bien loin de se déclarer ennemi du cardinal Mazarin pour occuper sa place, il n'a pensé qu'à lui paraître redoutable et à se flatter de la fausse vanité de lui être opposé. >
Retz aime l'intrigue pour elle-même, et bien moins pour l'utilité qu'il en espère que pour le plaisir qu'il y trouve. On a remarqué combien so^it fréquentes sous sa plume les expressions empruntées à la langue du théâtre. Il écrit à la fin de la première partie :
« II me semble que je n'ai été jusque» ici que dans le parterre ou tout au plus dans l'orchestre à jouer et à badiner avec des violons, je vas monter sur le thi'^àlre où vous vorrcz des scènes non pas dignes de vous, mais un peu moins indignes de votre nttention. »
Il traite la politique comme un scénario, et il lui suffi* que la scène soit amusante et bien jouée. Nous trouvons