LA CRITIQUE AU XVIP SIECLE
mesme ». Mais la pensée y est toujours ferme, rexpressîon exacte.
Et le vers bien ou mal dit toujours quelque chose.
Ajoutons que, pour ne pas être injuste envers Boileau et pour éviter de lui faire de frivoles reproches, il faut faire attention que Boileau, en matière de langue, est novateur, et qu'il crée quelque chose. Si l'on compare la versification des Satires et de VArt poétique avec celle du Lutrin, on sera frappé de voir combien celle-ci est plus aisée et plus riche. C'est qu'ici Boileau peut se servir de toutes les ressources de la langue et employer tous les mots : dans ses autres ouvrages, il ne dispose que d'un petit nombre de termes, la critique française étant un genre encore récent et qui n'avait pas atteint le déveioppement qu'il devait prendre pkis lard. Boileau a créé la langue de la critique littéraire en vers.