‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 36 sur 98 · Platon, Ion, chapitre v · texte numérisé non relu

Platon, Ion, chapitre v

cisémentderan502. Pindare, comme je t'ai dit plus haut, avait eu pour maître Lasus d'Hermione, poète médiocre peut-être, mais qui connaissait à fond la théorie de son art. Bientôt après ses premiers débuts, nous le voyons en grande faveur dans toutes les parties de la Grèce. Les tyrans siciliens, Théron d'Agrigente et Hiéron de Syracuse ; Arcésilas , roi de Cyrène; Amyntas, roi de Macédoine; les Aleuades et les Scopades, toutes les cités libres, toutes les familles opulentes, se disputent sa présence, et payent à grand prix les moindres éloges de sa muse. Les Athéniens lui décernent le titre et les privilèges deproœènet c'est-à-dire d'hôte publie de leur ville. Les habitants de Céos, qui avaient pourtant leurs poètes nationaux, l'emploient à la composition d'une prière pour une procession solennelle. Pindare voyage par toute la Grèce, prodiguant les trésors de son génie , et se montre également bienveillant pour tous , Doriens , Éoliens ou Ioniens, sans acception de races ni de personnes.

Sa longue vie ne fut guère qu'une fête continuelle. Quelques échecs dans les concours littéraires, des querelles avec quelques poètes rivaux, altérèrent peut-être assez souvent la sérénité de son àme ; mais on aime à croire que la raison avait bien vite pris le dessjus, et calmé les souffrances de l'amour-propre et de la vanité. Thèbes était le séjour ordinaire de Pindare : c'est là qu'était cette maison qu'Alexandre respecta quand il détruisit la ville ; c'est là que vécurent longtemps les descendants du poète, honorés, en mémoire de leur ancêtre, d'importants privilèges; c'est là probablement que Pindare mourut, à quatre-vingts ans, comblé de gloire, de richesses, de distinctions de toute sorte, et, ce qui vaut mieux, digne de l'enthousiasme de ses contemporains, et léguant à la postérité des monuments éternels.

Jugement d'Horace *nr Pindare.

L'ode à Julius Antonius1, où Horace essaye d'apprécier Pindare, est encore, à tout prendre, ce qu'on a jamais écrit , sur le lyrique thébain , de plus clair, de plus satisfaisant et de plus complet. C'est le jugement d'un homme qui s'y connaissait, et qui avait en main l'œuvre immense et prodigieusement vanée, dont nous possédons, il est vrai, une part intacte, mais dont les trois quarts au moins ont péri.

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