‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 37 sur 98 · Horace, Carmina, livre IV, ode · texte numérisé non relu

Horace, Carmina, livre IV, ode

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«Vouloir rivaliser avec Pindare, c'est s'élever, Julius, sur tes ailes de cire façonnées par Dédale, pour donner un nom à la mer transparente. Tel qu'un torrent, grossi par les orages , ae

Erécipite des montagnes et franchit les rives connues, ainsi ouilionne, ainsi déborde à flots profonds le vaste génie de Pindare. A lui le laurier d'Apollon, soit que, dans ses audacieux dithyrambes, il déroule un langage nouveau, et s'emporte en rhythmes désordonnés; soit qu'il chante les dieux et les enfants des dieux, ces rois dont le bras vengeur fit tomber et les Centaures et la flamme de la redoutable Chimère ; soit qu'il célèbre l'athlète ou le coursier que la vie* toire ramène d'Élide, chargés de palmes immortelles, et qu'il leur élève un monument plus durable que cent statues ; soit qu'il pleure un jeune époux ravi à une épouse désolée, et le dérobe à la nuit infernale, en élevant jusqu'aux astres sa force, son courage, ses mœurs de l'âge d'or. Toujours un souffle vigoureux soutient le cygne de Dircé, quand il monte dans la région des nues : pour moi... » Quintilien ne dit que quelques mots vagues, et s'en réfère d'ailleurs à l'arrêt par lequel Horace proclame Pindare inimitable. Quant aux modernes, et j'entends surtout par là nos écrivains des trois derniers siècles, ils n'ont guère fait en général que dé* raisonner à propos de Pindare, détracteurs, apologistes même.

Odes triomphale*.

De tous les chants auxquels Horace fait allusion, de tous ces dithyrambes, de tous ces hymnes religieux, péans, prosodies, parthénies, de tous ces hyporclœmes , de toutes ces odes encomias tiques, de tous ces thrènes et de tous ces scoliesy qu'avait composés Pindare, rien ne reste que des lambeaux ; mais nous avons les Odes triomphales1, et nous les avons toutes, et parfaitement conservées : Olympiques, Pythiques, Néméennes etlsthmiques. Ottfried Mùller pense que ce qui a sauvé ce recueil à travers les siècles, c'est la supériorité reconnue des pièces qui le composaient sur les autres ouvrages de Pindare. Mais Horace ne met pas au premier rang les chants de victoire ; et il est douteux que Pindare se soit surpassé lui-même précisément quand il chantait des hommes qui pour la plupart ne lui étaient que des inconnus, et quand il prenait la lyre non par devoir, ou saisi d'un

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