‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 53 sur 98 · AUTRES POÈTES BU SIÈCLE DE PÉRICLÊ · texte numérisé non relu

AUTRES POÈTES BU SIÈCLE DE PÉRICLÊ

PAKTASIS. — CttOBlULtJS DE SAMOS. — ANTIttÀCHUS. — QUTIAS, — LES VERI- TABLES ÉLÉGIAQUBS DU IV* UÈGLlU

Panyaal».

L'éclat extraordinaire de la poésie dramatique ne doit s nous empêcher d'apercevoir çà et là, à travers le siècle e Périclès, les figures de quelques hommes qui avaient continué de marcher dans les voies de l'antique poésie, et qui ne furent pas toujours indignes des vieux maîtres.

Panyasis, cet oncle d'Hérodote dont j'ai déjà parlé, était l'auteur d'une épopée sur Hercule. VHéracléide de Panyasis l'emportait, au jugement des Grecs, sur tous les autres poèmes dont la vie et les travaux du héros thébain avaient fourni le sujet. Panyasis était compté parmi les clas-

gancenîdegrâce.

Chœrlla* de Banio».

Chœrilus de Samos, différent du poète tragique de ce nom, s'essaya dans l'épopée historique, mais avec un mé-

diocre succès. Il avait pris pour sujet la seconde guerre médique, ou du moins quelques-uns des épisodes de cette guerre. Je doute que cet ouvrage, qui dut venir quelque temps après les Perses d'Eschyle, ait fait autre chose que d'augmenter l'admiration des Grecs pour l'épopée dramatique du soldat de Marathon et de Salamine. Horace dit que Chœrilus avait du bon, mais assez peu; et rien ne prouve qu'Horace ait porté sur son poème un jugement trop sévère.

AMtliuehui.

Antimachus, né à Claros, en Ionie, mais qu'on nomme Àntimachus de Colophon, à cause de la ville où il faisait son séjour, était un autre homme que Chœrilus. On le mettait,

Î>armi les poètes épiques, au premier rang après Homère. I était à peu près contemporain d'Hérodote. Son poème était une Théôaïde. Quintilien, écho des critiques d'Alexandrie, caractérise comme il suit cet ouvrage : « Il faut louer, chez Àntimachus, la force, la gravité, un style qui n'a jamais rien de vulgaire. Mais, quoique les grammairiens, d'un consentement presque unanime, lui décernent la seconde place dans l'épopée, je dois dire qu'il manque de pathétique, d'agrément, d'ordre, d'art enfin> et qu'il montre manifestement combien c'est chose différente d'être tout proche d un autre ou d'être un degré au dessous. » Antimachus avait aussi composé un poëme élégiaaue, intitulé Lydé, dont on ignore le sujet, et qui offrait probablement des qualités et des défauts analogues à ceux de son épopée. J'ajoute en passant qu'Antimachus avait travaillé à une nouvelle recension du texte d'Homère.

Crttta*.

Critias, qui fut un des trente tyrans d'Athènes, ne manquait pas d'un certain talent poétique; et les fragments qui restent de ses élégies, notamment celui où il fait l'éloge de la vertu des Spartiates, ne sont pas sans mérite; mais c'est de la poésie uu peu sèche, encore que les expressions soient quelquefois hardies et figurées. Les élégies de Critias semblent n'avoir été, pour la plupart, que des satires politiques. C'était du moins une satire, cette élégie où il disait à Alcibiade : « Le décret qui t'a ramené, c'est moi qui l'ai proposé dans l'assemblée ; c'est à moi que tu dois ton re-

Page 1