‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 67 sur 98 · Consolation à Apolloniui, chapitre xxvu · texte numérisé non relu

Consolation à Apolloniui, chapitre xxvu

aristotë ît théôpbraste. 34â

culier, lorsque Mldâs, ayant pris un Silène à la chassa, lui demanda cô qu'il y avait dé meilleur et de plus désirable pour t'homrfte. D'abord, le Silène refusa de répondre, et garda un silence obstiné. Enfin, Midas ayant mis tout en œuvre pour le forcer à le rompre, il se fit violence, et proféra ces paroles : « Fils éphémères d'un dieu terrible et d une « fortune jalouse , pourquoi me forcer de vous dire ce qu'il « vous vaudrait mieux ignorer? La vie est moins misérable, « quand on ignore les maux qui en sont l'apanage. Les hom- « mes ne peuvent avoir ce qu'il y a de meilleur , et ils ne sau- « raient participer à la nature la plus parfaite. Ce qui vaudrait « mieux pour eux, c'est de n'être pas nés» Le second bien « après celui-là, et le premier entre ceux dont les hommes « sont capables, c'est de mourir de bonne heure. »

VEudémus était, pour ainsi dire, le Phédon d' Aristotë : il y établissait, par des arguments à lui, la doctrine de son maître sur la nature de Tàrne, et sur ses destinées après cette vie. Les autres dialogues étaient, pour la plupart, des traités moraux ; dans quelques-uns aussi Àristote avait discuté, et toujours au sens platonicien, les* questions relatives à l'art oratoire. Le Gryllusy par exemple, était une condamnation sévère de l'enseignement des sophistes.

fcftritéft populaires.

On dit qu'Àrîstote abandonna dès sa jeunesse la forme du dialogue, parce qu'il désespérait de jamais égaler Platon. Mais il ne fit pas pour cela divorce avec les Grâces ; et l'homme qui, a quarante ans, cultivait encore la poésie, et la poésie lyrique, conserva, assez longtemps après la mort de Platon, le goût du beau style et de l'élégance littéraire. 11 est

Srobable que la plupart des traités qu'il écrivit sous la forme idactique. jusqu'à l'époque où il ouvrit l'école du Lycée, étaient aussi remarquables par les agréments de la diction que par la solidité des principes. Sans cela, comment Cicéron aurait-il pu parler de l'éloquence d'Àristote, et se donner lui-même pourun imitateur de sa manière? L'éloge d'Àristote par Quintilien fait allusion aussi à des traités fort différents de YOrganon, de la Métaphysique^ de la Politiquembme : « le ne sais si Àristote est plus distingué ou par la profondeur de la science, ou par le nombre de ses écrits, ou par la douceur de son style, ou par la pénétration de son esprit inventif, ou par la variété de ses ouvrages. » Là Lettre a Alexandre éur

le Monde est le seul des écrits d'Aristote où Ton trouve aujourd'hui quelque chose de cette douceur de style ; et le chapitre sixième de cet opuscule prouve que Cicéron était fondé à vanter l'éclat et l'abondance delà diction d'Aristote, et son éloquence même. Il n'y a pas beaucoup d'écrits anti-

3ues, après ceux de Platon, où l'on ait jamais parlé de Dieu, e la cause motrice et conservatrice du monde, en termes plus magnifiques, ni avec de plus frappantes images. Quand môme ce traité serait apocryphe, comme le veulent quelquesuns, sur des raisons légères, on n'en serait pas moins en droit d'affirmer qu'Aristote en avait composé d'analogues. Et c'est probablement d'un de ces traités que Cicéron a tiré le morceau si vif et si remarquable qu'il cite dans son ouvrage Sur la Nature des dieux1.

Caractère de* grands ouvrage* d'Aristote.

Je dois dire toutefois que, dès avant l'époque où Philippe l'appela en Macédoine, Aristote avait déjà entrepris de dompter la passion de ses contemporains pour les futilités brillantes, et de s'imposer* au lecteur par la seule force du raisonnement, par l'attrait unique de la vérité. C'est dans sa retraite de Mitylène, vers 344, qu'il avait composé, dit-on, sa Politique. La forme de ce traité est d'une sévérité déjà toute scolastique ; mais la nature du sujet force à chaque instant le philosophe, malgré qu'il en ait, à se dérider quelque peu, et à égayer ou, si l'on veut, à éclairer la discussion par des exemples empruntés à l'histoire, par des esquisses de moeurs ou de caractères. La Politique s'adressait aux hommes d'État et aux penseurs de tous les pays et de toutes les écoles. Mais la plupart des autres grands ouvrages d'Aristote semblent n'avoir été écrits que pour l'usage particulier des disciples du Lycée. Ce sont les résumés aes leçons qu'il leur faisait deux fois par jour, en se promenant à l'ombre des arbres. Ce sont ces fameux traités acroatiques ou acroamatiques, dont le nom même indique la destination spéciale *, et qui ne furent connus du vulgaire que longtemps après la mort d'Aristote. Tels sont, par excellence, la Physique, la Métaphysique, et les traités de logique qui forment l'Organon. h&Éhétorique elle-même avaitbesoin du commentaire du maître ; et les seuls initiés y pouvaient trouver plaisir

t. Livre II, chapitre xxxvn. — 2. 'Ax^«j*« signifie leçon.

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