‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 72 sur 98 · ORATEURS DU QUATRIÈME SIÈCLE AVANT J. C · texte numérisé non relu

ORATEURS DU QUATRIÈME SIÈCLE AVANT J. C

tard. Dinarque est véhément et passionné, et son style n'est pas sans couleur et sans force. Aussi les Alexandrins l'ontîls placé dans la liste des orateurs classiques, avec tous ceux dont j'ai déjà parlé dans ce chapitre.

AleMamtf. — Hégéftlppu*.

Il y a quelques autres noms qui méritent d'être mentionsnés ici, encore que nous ne cherchions nullement à dresser le catalogue de tous les hommes qui ont porté, au quatrième siècle, le titre d'orateurs. Tel est Alcidamas, d'ÉléeenÉolide, disciple de Gorgias et orateur, ou plutôt sophiste à la façon d'Isocrate. Nous avons de lui deux harangues d'école, écrites sans trop de prétention. Tel est Hégésippus, qui travailla avec talent à la même œuvre que Lycurgue et Hypéride : quelques-uns lui attribuent la harangue Sur l'Halonèse, morceau assez médiocre et entaché de mauvais goût. Mais Plutarque, dans les Apophthegmes, cite un mot de lui qui vaut mieux que cette harangue, et qui prouve qu'Hégésippus était un nomme de cœur et qu'il était capable d'atteindre à la vraie éloquence. Un jour, qu'il parlait avec force contre Philippe , un Athénien l'interrompit en s'écriant : « Mais c'est la guerre que tu proposes! — Oui, par Jupiter! dit Hégésippus ; et je veux, de plus, des deuils, des enterrements

Sublics, des éloges funèbres, en un mot tout ce qui nous oit rendre libres et repousser de nos têtes le joug macédonien. »,

Démade. — Phoelon.

Les huit orateurs dont Alexandre avait demandé la tête, avec celles de Lycurgue et de Démosthène, ne sont connus que par leur nom. Mais Démade, cet autre orateur qui se chargea, moyennant cinq talents, d'aller apaiser la fureur d'Aiexandré, et qui y réussit en effet, avait laissé la réputation d'un homme puissant par la parole , sinon d'un honnête homme. Il n'écrivait pas ses discours. Phocion n'écrivait pas non plus les siens , qui n'étaient pas si brillants que ceux de Démade , mais qui produisaient bien plus d'effet encore. On mettait ces deux orateurs en parallèle avec Démosthène. « On convenait généralement, dit Plutarque1, que Démade, en s'abandonnant à son naturel, avait une force

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