‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 76 sur 98 · COMÉDIE MOYENNE · texte numérisé non relu

COMÉDIE MOYENNE

DÉFINITION DE LA COMÉDIE MOYENNE. — POETES DE LA COMÉDIE MOYENNE. — ANTIPHANE. — ALEXIS.

Définition de In Comédie moyenne.

J'ai dit ailleurs quelles avaient été, durant le IVe siècle, les tristes destinées de la tragédie. J'ai déjà fait allusion aux autres misères poétiques de ce siècle, si fécond en philoso-

Khes et en orateurs. Non-seulement Aristote en est le seul /rique , mais nous n'avons pas même un seul nom qu'on puisse citer dans l'épopée, dans l'élégie, dans aucun genre enfin, sinon dans la poésie dramatique, et particulièrement dans la comédie.

Ce que les anciens critiques ont nommé la comédie moyenne est assez difficile à définir, et semble avoir eu des caractères fort divers, selon l'humeur et l'esprit des poètes. On peut dire du moins ce que cette comédie n'était pas. Elle différait de la comédie de Cratinus, d'Eupolis et d'Aristophane , par l'absence du chœur et par l'emploi à peu près uniforme du mètre ïambique ; la loi dont j'ai parlé à propos du Phitus interdisait d'ailleurs au poète la faculté de mettre en scène aucun personnage vivant, et de traiter aucun sujet politique. Cependant la comédie moyenne n'était point une imitation vraisemblable des mœurs , une reproduction idéalisée des scènes de la vie : Ménandre, l'inventeur de la comédie nouvelle , passe pour être le premier qui ait présenté , comme on dit, le miroir aux hommes. H est probable que beaucoup de poètes suivirent l'exemple qu avait donné Aristophane , et qu'ils dialoguèrent des allégories morales assez semblables au Plu tus. Quelques-uns durent s'en tenir à des tableaux tout fantastiques , uniquement destinés à charmer les yeux et les oreilles, comme seraient les Oiseaux, réduits à la mesure fixée par les Trente. Je crois aussi qu'on

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essaya, dès ce tempe-là, d'introduire dans la comédie quelque chose de cet intérêt dramatique auquel avaient largement suppléé jadis les licences de la satire ; et Aristophane avait encore fourni le premier modèle. 11 y avait, dans le Cocalus, la dernière pièce qu'il eût écrite, une séduction et une reconnaissance, et, par conséquent, une sorte d'intri-

(lue romanesque, analogue à celles qu'offrent les pièces atines imitées de la comédie nouvelle. Mais la ressource capitale de la comédie moyenne, c'était la critique philosophi- ~ue et littéraire; non pas seulement la critique des doctrines es philosophes et la parodie des poèmes sérieux, mais des attaques directes contre les poètes et les philosophes euxmêmes , que ne garantissait pas , ce semble , la loi portée dans l'intérêt des personnages politiques, et que les gouvernants du jour s'inquiétaient assez peu de voir livrer aux risées populaires. En définitive, la comédie moyenne ne fut guère que la comédie ancienne accommodée aux exigences de la loi, et vacillant d'essais en essais* sans jamais s'arrêter à une forme déterminée, qu'on puisse regarder comme le type d'un genre véritable.

Poëte» de la Comédie moyenne.

Les poètes de la comédie moyenne dont on a relevé les noms et dont on possède des fragments sont extrêmement nombreux. Mais les critiques alexandrins n'en ont placé que deux dans la liste des classiques, Antiphane et Alexis. Antiphane était un Rhodien établi è Athènes ; Alexis y était venu de la colonie athénienne de Thurii. La vie de ces deux poètes est à peu près complètement inconnue. On sait seulement qu'ils avaient été l'un et l'autre d'une fécondité miraculeuse : on attribuait à Antiphane deux cent quatre-vingts comédies, et à Alexis deux cent quarante-cinq. A en juger par les fragments qu'on a recueillis, ces comédies n'étaient pourtant pas écrites dans un style négligé. Le vers ïambique y est construit d'après des règles aussi sévères au moins que dans les comédies d'Aristophane. Il est vrai que la diction n'a rien retenu, ou presque rien, de ce qui était propre à la poésie; mais Antiphane et Alexis sont poètes par le choix exquis des termes , par l'art avec lequel ils les placent, par la vivacité des tours , par la grâce et le piquant des images*

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