‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 85 sur 98 · PLUTARQUE · texte numérisé non relu

PLUTARQUE

VIE DE PLUTARQUE. — GÉNIE DE PLUTARQUE. — DÉFAUTS DES OUVRAGES HISTORIQUES DE PLUTARQUE. — PLUTARQUE MORALISTE. — STYLE DE PLU- TARQUE.

trie de Plutarque.

Plutarque naquit à Chéronée en Béotie , vers le milieu du Ier siècle de notre ère. On ne sait pas la date précise de sa naissance ; mais on sait, par son témoignage, qu'a l'époque du voyage de Néron dans la Grèce, c'est-à-dire en l'an 66, il suivait, à Delphes , les leçons du philosophe Ammonius. A son retour dans sa patrie, il fut employé, tout jeune qu'il était, à quelques négociations avec les villes voisines. Bientôt après il se maria. C'est à Chéronée qu'il passa sa vie presque tout entière. Il mettait sa gloire et son patriotisme à empêcher, par sa présence, comme il le dit lui-même, que cette ville, qui n'avait jamais été bien importante, ne s'amoindrît encore, et à faire jouir ses concitoyens de l'estime et de la faveur dont il était l'objet. 11 vint pourtant à Borne plusieurs fois, et il y donna, sur divere sujets de philosophie, de littérature et d'érudition, des leçons publiques, qui furent la première origine des nombreux traités qui composent ce qu'on appelle les Morales. Tout ce qu'il y avait d'illustres personnages dans Borne assistait à ces leçons ; et c'est là ce qui a pu faire dire que Trajan, presque aussi âgé que Plu* tarque, l'avait eu pour maître. Plutarque, à Borne, parlait grec, comme faisaient tous les sophistes venus de Grèce. C'était une langue qu'entendaient parfaitement tous les gens lettrés de l'Italie. D'ailleurs Plutarque n'a jamais su le latin assez bien pour le parler. 11 nous dit lui-même, dans la Vie de Démosthène, qu'il n'avait pas eu le temps, durant son séjour en Italie, de^se livrer à une étude approfondie de cette langue , à cause des affaires publiques dont il était chargé et de la quantité de gens qui venaient tous les jours s'entretenir avec lui de la philosophie. Il ne commença à étudier fructueusement les auteurs latins que fort tard , quand il se mit à écrire ses Vies comparées des hommes illustres de la Grèce et de Borne.

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