‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 94 sur 98 · Vftotarot, t. II, pages · texte numérisé non relu

Vftotarot, t. II, pages

448 CfiAttîRB XLVII1.

« Porphyre portait, dans les matières philosophiques, un esprit excellent, et, dans les questions de littérature et d'érudition, un goût exquis et une critique aussi solide qu'élevée. Si Ton ajoute à cela une activité prodigieuse de travail, une ardeur infatigable pour la polémique, un rare génie d'organisation et de direction, on comprendra comment il devint le grand athlète de son parti, dans la lutte de la philosophie et du christianisme... Le signe unique auquel on pourrait reconnaître l'origine syrienne de Porphyre, c'est ta science profonde des traditions religieuses de toute cette

Eartie de l'Orient, et particulièrement des livres hébreux. >u reste, il n'a ni goût ni estime pour cette sagesse de l'Orient; il lui oppose sans cesse la science grecque, et ne la cite guère que pour la réfuter. On sent partout, dans le Syrien Porphyre, un élève des Muses grecques ; et jamais enfant de la Grèce n'a voué un culte aussi tendre à sa noble patrie. Porphyre ne s'attacha point à la philosophie grecque, comme beaucoup d'Orientaux, uniquement par goût pour le platonisme : il l'aime pour elle-même, et 1 embrasse avec ferveur dans toutes ses parties. Platon est sans doute de tous les philosophes celui qui lui convient le mieux ; mais il cultive avec ardeur la science d'Àristote et commente sa logique. Enfin , sauf l'enthousiasme mystique, qu'il tient de l'Orient comme tous les philosophes de cette école, tous les caractères de l'esprit grec, la rigueur, la méthode et la subtilité de la

()ensée, la clarté et l'élégance de la forme, se révèlent dans es œuvres philosophiques de Porphyre. »

Iamblique.

Iamblique, disciple de Porphyre, balança la réputation de son maître et celle de Plotin même. C'était un Syrien, comme Porphyre ; mais il enseigna dans Alexandrie, et non point à Rome. Il mourut en 333. Ce fut un mystique dans toute l'acception du terme. Il mêla à la philosophie la magie et les pratiques théurgiques, c'est-à-dire certains actes par lesquels il prétendait établir une communication directe entre Dieu et l'homme, ou entre l'homme et les êtres divins nommés les démons. Ce qui reste de ses écrits n'est pas de nature à donner une haute idée de ses talents littéraires; ou du moins Iamblique semble avoir pris à tâche de se distinguer de Porphyre, non-seulement en se séparant de lui sur divers points de doctrine, mais en affectant une sorte de

mépris pour tout ce qui tient à l'art de la composition et au travail de la forme. Il est vrai que nous ne possédons au* cun de ses grands ouvrages ; car le livre des Mystères égyptiens n'est, selon les critiques, qu'une compilation d'école, rédigée par les disciples d'Iamblique, et non par Iamblique lui-même. La Vie de Pythagore est un écrit sans méthode, où les idées les plus disparates hurlent de se voir accouplées, et dont le style n'est guère plus satisfaisant que l'ordonnance. Mais les fragments de quelques autres écrits montrent une érudition plus sûre, plus de bon sens, et même quelque chose de ce génie que les contemporains admiraient dans celui qu'ils qualifiaient d'homme merveilleux et de très-divin. 11 n'est pas jusqu'à cet étrange chaos des Mystères égyptiens, où 1 on ne puisse trouver, à côté des rêves les plus extravagants, plus d une idée profonde et lumineuse, qui fait honneur au maître dont les enseignements l'ont fournie. Après avoir exposé ce qu'il est permis de connaître et de deviner des doctrines particulières à Iamblique , l'auteur de Y Histoire critique remarque que l'activité spéculative de l'école d'Alexandrie s'arrête à ce philosophe : « L'œuvre de création, dit-il, est consommée; la polémique et le commentaire vont lui succéder1. »

t. Vtcherot, t. II, page 65.

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