‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 123 sur 605 · Macrobe, Satum, V · texte numérisé non relu

Macrobe, Satum, V

(5. Cf. Anthol de Jacobs. I, p. 207-209.

7. 11 arait aussi, après Sotadés, composé quelques poésies du genre grossier mis à la mode par celui-ci (Strabon, p. 648).

8. Cf. Susemihl, II, p. 524-556. — Cf. Anthol. de Jacobs, I, p. 144-

9. Théocrite, VII, 40, et le scholiaste. — On suppose en général que son père s'appelait SixiXoc ; d'autres explications de ce pseudonyme ont été proposées : cf. Susemihl. — Méléagre, dans sa préface (v. 46), l'appelle aussi de ce nom (SixeX(8i(i> T*àvi|jiotc âvOca 9v6|i.evQi).

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œuvres de différentes sortes, et notamment des poésies lyriques : deux mètres lyriques fréquemment employés par Horace, le grand et le petit asclépiade, lui doivent leur nom ; ce n'est pas qu*il les eût inventés, car les poètes de Lesbos les avaient déjà connus; mais Asclé* piade en avait probablement régularisé la facture S et il les remit à la mode. I/allusion de Théocrite semble viser également en lui le poète lyrique. Ce côté de son talent nous est aujourd'hui tout à fait inconnu, mais, quelle que fut sa réputation de poète lyrique, c'est surtout comme auteur d'épigrammes qu'il fut célèbre *, et cette gloire était certainement méritée. Les dix-huit épigrammes qui nous ont été conservées sous son nom dans V Anthologie Palatine, même en faisant la part des fausses attributions (deux ou trois peut-être), nous le font assez bien connaître. Or plusieurs sont vraiment exquises, et le charme de ces petits poèmes, à leur apparition^ dut sembler très nouveau, sinon par le fond, du moins par la forme. Trois ou quatre seulement de ces épigrammes sont des dédicaces d'offrandes (àvaOïfiaxTx) faites à une divinité. Quelques-unes sont des inscriptions (vraies ou fictives) destinées à des statues. La plupart sont de charmantes confidences où le poète nous dit ses souffrances amoureuses, la grâce de l'objet aimé, les mérites d'un poète lu et relu. La mythologie y lient peu de place. Les souvenirs littéraires et l'imitation proprement dite, mais ingénieuse et neuve, s'y rencontrent souvent. Ce qui en fait le grand mérite et la nouveauté, c'est la finesse spirituelle du tour, l'élégance vive de Timage, le soin délicat du style, la netteté scrupuleuse du rythme et de la versification. Les

i. Kn rendant le spondée obligatoire au début du vers.

2. Le scholiaste de Théocrite, Vil, 40, l'appelle : •AaxXriTciàStiv

anci(;ns opigrainiiiatisles, et Simonide lui-même, avaient plus (rabandon. plus <le négligence parfois. L'art d'Asclépiade est raffiné : entre ses mains habiles, une épigrannne est comme un bronze précieux que Tartisle cisèle avec amour. Même Tauteurde \a Lydé, cet Antimaque si cher aux Alexandrins, semblait lourd et /loti (surtout dans ses épigrammes) en comparaison de cet art nouveau : c*est le sens des critiques que lui adresse Callimaquc *. Asclépiade fut un véritable initiateur à cet égard : une partie de Télégance de Théocrite dérive sans doute de ses exemples. Il est difficile de traduire avec fidélité de petits chefs-d'œuvre de cette sorte. Voici pourtant une épigramme où des souvenirs d'Alcée et de Théognis se combinent avec des impressions personnelles de la manière la plus délicate et la plus charmante :

Bois, Asclépiade. Pourquoi ces larmes ? quel malheur t'arrivc ? Tu n'es pas le seul dont l'ûpre Gypris ait fait sa proie ; tu n'es pas le seul qu'aient abattu les llèches du cruel Éros. Pourquoi t'enfouir vivant dans la poussière? Buvons le via pur de Bacclius : l'aurore commence à poindre. Si la lampe t'est éteinte, veux-tu attendre son réveil? Buvons gaiement. Encore quelques jours, malheureux, et nous aurons la grande nuit pour nous reposer 2.

Avec Asclépiade, citons encore son contemporain Simias de Rhodes, qui parait avoir eu du talent ^ Mais il est surtout célèbre comme auteur de poèmes « iîgu rés », c'est-à-dire de vers assemblés de manière à dessiner par leurs contours un objet quelconque. Son œuf, ses ailes^ $a hache nous ont été conservés *. Quel-

1. Cîillimaque, fragm. 746. Asclépiade pourtant loue fort la Lydé (Anth. Jacol)s, I, p. 15i). Cf. t. III, p. CC6 (076, £• éd.)

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