‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 149 sur 605 · LÉONIDAS DE TARENTE · texte numérisé non relu

LÉONIDAS DE TARENTE

les Muses en effet, comme il le dit lui-mèmo. l'avaient aimé. Nous possédons sous son nom cent épijri'ammes qui appartiennent à tous les genres alors pratiqués: épitaphes. inscriptions d'offrandes, inscriptions de statues, portraits, de poètes ou d'artistes, poiMues de réilexion philosophique ou morale. Beaucoup de ces pièces sont composées pour de petites gens, des pêcheurs, d(»s (lieuses, qui offrent à quelque divinité les instruments de leur travail ou qui sont morts à la peine. De là une part d<î réalisme très considérable: les termes techniques et précis, les mots de métier abondent dans son œuvre. Mais un peu d'émotion s'y ajoute, et le poète véritable apparaît. Sa langue et sa versification, sans être d'une pureté classique, sont généraleujcnl élégantes. Il a su dire avec charme la douceur d'une existence pauvre vi laborieuse*, la grâce du printemps-, la fraîcheur d'une fontaine', et, une fois même, en s'inspiranl de Simnnide. le peu qu'est la vie de l'homme, ce point fugitif de la durée entre deux infmis:

Un temps immense, ô homme, s'est écoulé avant que tu vinsses au jour; un temps immense s'écoulera après que tu seras descendu chez Adès. Qu'est-ce que l'instant de ta vie ? Un point, ou moins encore. Et cette vie est dure ; car ce moment môme, loin d'être agréable, est plus pénible que la mort olieuse. Dérobe-toi donc h la vie et fuis vers le port, comme j'ai fait, moi Phidon fils de Gritos, —je veux dire versTAdès^.

Mentionnons encore l'ami de Théocrite, le médecin Xicias de Milet, dont il nous reste quelques épigrammes,

i. Épigr. 55. 78. 91.

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