‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 232 sur 605 · RHÉTORIQUE · texte numérisé non relu

RHÉTORIQUE

chine do Milot^ d'ailleurs inconnus^ comme les maîtres de cette éloquence dans son temps. — D'autres s'attachèrent à Hypéride^ dont la facilité spirituelle et brillante avait plus de séduction que l'àpreté de Domosthène. L'initiateur de ce mouvement parait avoir été un certain Mcnéclès^ d'Alabanda en Carie, qui fut le maître d'Âpollonios ot de Molon *. Ceux-ci à leur tour furent les célèbres rhéteurs de Rhodes. Le second surtout doit une partie de sa gloire à ce qu'il fut le maître de Cicéron. Venu à Rome en 81, comme ambassadeur, il y donna des séances oratoires. Cicéron l'entendit et, trois ans plus tard, devint son élève à Rhodes *. Molon avait composé des discours, des traités de rhétorique, peut-être des histoires ^ Il ne nous en reste rien, mais nous savons assez bien, par Cicéron et par Denys d'Halicarnasse, quelle était l'originalité de cette école de Rhodes dont Molon est le principal représentant : elle tenait le milieu entre l'abondance fleurie des asiatiques et la nudité un peu grêle des atticistes de Rome*; elle s'inspirait d'Hypéride et, sans atteindre à sa grâce, n'évitait pas toujours quelque sécheresse *. — Il faut encore citer un contemporain plus jeune de Molon, ApoUodore de Pergame, qui vint s'établir à Rome, où il obtint une grande réputation. César le choisit pour enseigner la rhétorique au jeune Octave •. ApoUodore n'avait guère laissé d'écrits, mais il eut une influence considérable par son enseignement et par ses élèves, et il n'est pas douteux qu'il n'ait contribué beaucoup à répandre le goût

1. Cicéron, Brutus^ ibid. Cf. Strabon, XIV, 633. Apollonios était lai-inémc fils d'an certain Molon, et le second Molon s'appelle aussi Apollonios. De là des confusions à éviter.

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