Quintil., pass. cité
sur la valeur des règles et des classifications. Les Apollodoréens, héritiers peul-ètrede l'esprit rigoriste et stoïcien des granunairiens de Perganie. considéraient la rhétorique comme un art immuahle, et ils n'admettaient pas qu'on dérogeât à ses préceptes traditionnels ni qu'on prélendit se mettre h Taise avec ses divisions ou sa nomenclature. Les Théodoréens, plus libres d'esprit, moins doctrinaires, concevaient une rhétorique plus souple, plus changeante, obéissant à l'expérience et se modifiant avec les circonstances. 11 ne paraît guère douteux aujourd'hui qu'ils ne fussent]en cela beaucoup plus près de la vérité *.
Mais deux hommes surtout, en ce temps, eurent le mérite de dégager déjà la critique littéraire de renseignement purement technique et de la mettre au service d'un goiït passionné pour les belles œuvres classiques. Ce furent Denys d'FIalicarnasse et Cécilius.
Denys, né à Ilalicarnasse et fils d'un certain Alexandre, vint à Rome en Tan 30, après la fin des guerres civiles ^. Probablement jeune encore en ce temps, il y apprit le latin, étendit ses connaissances en tout genre, et se mit par là en état de profiter du séjour qu'il comptait y faire ^ Ce séjour semble s'être prolongé autant que sa vie. En tout cas, il durait depuis vingt-deux ans, lorsque Denys, en Tan 8 avant J.-C, écrivait la préface de son Histoire primitive de Home ; et la façon dont
1. Voir sur cette quorolle l'article Apollodoros (n» 64) dans l'Encycloi>éaic de Pauly-Wissowa (t. I. p. 2886).
2. Suidas, AtovjT'.o; 'AXe^âvfipou. Voir surtout ce que Denys dit de lui-nictnc dans son Hisl. prhnil. de Rome, I, 7.
3. Ibid., I. 7: AictXexTÔv ts tt^v PwiiaixTiv èx(ia6b»v xa\ Ypa(i(iàTa>v iirc ^(i>pca>v ).aSu>v inl9^:r^[Lr^y .
DEXYS D'HALICAUNASSK î^57
il s'y exprime montre assoz que. peu à peu. il sVtrtil attaché de cœur à sa nouvelle pairie *. l.a vie semMe en ctTet lui avoir été agréable dans le milieu où il avait été transporté. Tr^s laborieux, il liHuivait à Uouie di^ ressources abondantes et précieuses pour eompt^ser la grande histoire qui fut son œuvre de pnnlilection. Kn outre, il s'y était fait une sociélé selon ses goûts ; un certain nombre de (îrecs savants et lellrés. ntaiires de rhétorique ou simples amateurs, f.érilius, «pril appiJIe son « très cher ami » ^, Zenon, (|ui peut -être le mit on relations avec Cn. Pompéc! ', Déméirius. à «pii est dédié son Traité de timitation *, Ammaeos surtout, probubloment son premier protecteur, esprit ouvert et curieux» qui s'intéressait à toutes les questions littéruires * ; ]MiiNi quelques Romains de moyenne condition, tels (|ue (lu. Pompée, sans doute un aifranchi lettré sorti de la uniison du grand Pompéc; euRn, plusieurs nn^mbres de l'aristocratie, Rufus Melitius, dont hs jeune lils fut Non élève, Q. Aelius Tubero, l'historicMi, d'autres encoro. Rien ne prouve que Denys ait tenu école de, grammaire ou de rhétorique, à proprement parler : les se^ules allusions de ses écrits qui pourraient le faire croire moiii* blent se rapfmrter plutôt à un enseignement privé; c'eut ainsi qu'il donnait au jeune Itufiis Melitius df*H leçonn quotidiennes de littérature, lisant et étudiant avf*c lui U*n grands écrivains grecs, poètes ou prosateurs *.
1. Ibi'J. 'Soif:! l'îS mots : Xapi-yr^^iov; i'jiv.oa:.. i7:'/î<»v/«î ".f, lifiuu
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