‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 246 sur 605 · LeUre à Cn. Pompée, ch. m · texte numérisé non relu

LeUre à Cn. Pompée, ch. m

2. Denys (ch. i; fin) dit qu'il dilTére, pour répondre au désir de

fauls de la critique de Dcnys, à côte de ses qualités. Xon seulement les reproches essentiels qu'il fait à Thucydide dénotent une inintelligence absolue du vrai rôle de l'historien et de ses devoirs, mais la manière même dont il juge son style trahit une critique trop peu habituée à tenir compte des temps.

A cet écrit se rattache, de la manière laplus étroite, la Seconde lettre à Ammœos, sur les particularités de Thucydide (Ilepl TÛv 0oii>cuStSou iâu«)[i.iTcov). I/auteur y reprend en son entier un des passages principaux de l'écrit précédent, et, pour répondre à un désir d'Amma^os, il le justifie par des citations. C'est donc en quelque sorte une « leçon » écrite., et c'est ce que Denys indique luimême en nous prévenant qu'il donne ici à la critique la forme « scolastiquc », au lieu de la former épidiclique » (c. i, fin). Rien ne nous fait mieux voir, d'ailleurs, combien ses jugements étaient estimés dans le cercle de ses amis, et combien on tenait k le faire expliquer en détail sur certaines hardiesses.

Outre ces écrits, venus juscju'ù nous, Denys en avait composé d'autres du même genre, (|ui se sont perdus. 11 cite par exemple {Caract. de Thucydide, c. 2) un traité Sur la philosophie politique y dans lequel il semble avoir opposé la philosophie des orateurs, celle qui est l'aliment naturel de rélocjucuce, à la philosophie des écoles, réservée aux gens du métier, et dont il faisait sans doute peu de cas. Çà et là, il annonce des ouvrages en projet ou en préparation, cpii peut-être n'ont pas tous été réellement écrits'. Le traité 5w/' /f choix des mots,

Tubéron, l'achèvoment de son étude sur D«'fin()stlièiit'. 11 s'a^^it «.^vidcmmenl là do la sucondu purtio do o«'tt .• ôtudo, tii^X tr,; TcpaYtASTiXT,; AT^pioaO. Ô£:vÔTr,To;.

1. Par exoinple,<lans la i)ivfaoo de ses Études sur /«;*• nnc. orateurs, il annonco dos obsorvatioiis analo^^uos sur 1 *s historiens. Dans lo Jugem, sur Lysias (cli. xii et xiv), il remet certaines discussions

DENYS D'HALIGARNASSE THÉORICIEN 367

qui est annoncé dans le Ilepl auvdéaecA;, a dû être achevé et publié, car il est cité par le scoliasto d'Hermogène ^ Quintilion (IX, 89), parait faire allusion à un écrit spécial Sur les Figures. EnCn, il n'est pas impossible que Denys eut composé une Rhétorique ^ : mais celle que nous possédons sous son nom n'est qu'un assemblage tout artificiel de morceaux de différents âges, dont aucun peutêtre ne provient réellement de lui ' .

Il ressort de cette simple énumération que Denys, tout en écrivant beaucoup, n'a jamais su concentrer sa doctrine ni réunir ses observations dans une grande œuvre de théorie littéraire ou de critique, comparable par exemple à V Institution oratoire du Quintilien. Son Traité de l'imitation, aujourd'hui perdu, semble avoir été ce qu'il composa en ce genre de plus considérable. Ses au-

spêcialcs à un autre ouvrai;*? plus torhnniuc sur le même orateur. Cf. hée, 2 ; Premicvc lettre à Atunneos, 3.

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