ANTHOLOGIE DE PHILIPPE
rhétorique, spécialement de la rhétorique asiatique, en opposition avec Tart raffiné des Alexandrins. C'est peutêtre même pour nous l'intérêt principal de cette anthologie de Philippe, que do montrer très vivement cette réaction,, qui caractérise un temps nouveau.
Antipatros S né à Thessalonique comme Philippe, vécut sous le rogne d'Auguste et passa probablement une partie de sa vie à Rome. 11 eut pour protecteur L. Calpuriîius Pison, consul en l'an 15 avant J. C; parmi ses opigrammos, la dernière à laquelle on puisse assigner uno date fut adressée au roi Cotys après l'an 42 de notre ftrc *. Antipatros était un improvisateur. Une curieuse épigramme (Anth. Pal. vu, 409) nous montre en lui un admirateur passionné de cet Antimaque, que le goût exigeant d'Alexandrie avait autrefois décrié par la bouche de Callimaque. Ses propres poésies semblent dénoter un t^ravail rapide. Il aime les pointes, qui plaisaient tant îi tout un groupe de rhéteurs asiatiques; son style est d'ailleurs banal, nourri d'emprunts, peu personnel. Dans le choix de ses sujets, il s'inspire volontiers de Léonidas do ïarente et de son homonyme Antipatros de Sidon. Antiphile de Byzance ^, vécut, comme Antipatros, sous le règne d'Auguste. Les cinquante épigrammes qui portent son nom dénotent un art prétentieux et médiocre; des combinaisons de mots, au lieu d'impressions vraies, une vaine rhétorique, dissinyalant la pauvreté de la poésie *.
Crinagoras doMitylèno ^ est, lui aussi, un conlempo-
1. Pauly-Wissowa, Antipatros, 23. CJ. Anthol. Jacohs, t. XIII, p. 818.