DION DE PRUSE; DISCOURS. MORAUX
(>t il s'adresse à un auditoire familier. Cela donne à sa parole une ^^race plus naïve, qui jdait et qui attache.
Mais ce ([ui a fait la renouiinée de Dion, ce sont in- "Oiiteslal)lement les discours ou écrits de prédication norale, qui fi)rment le Iroisièine groupe *. Tous apparieiuient à la dernière parlie de sa vie, c'est-à-dire au 'èjz^ne de Trajan ; et ils relèvent Ions d'une même pensée, celle (Pune sorle de mission, pour raccomplissement le laijuelle Dion a voulu mollre les ressources et les iabitud<*s de la sophistique C(»nlemi)oraine au service de a pIiih)sophie praticpie -.
Ce (ju'il prêche n'a rien en soi d'ori{;inal. Il emprunte ses idées au syncrélisun; philosophique du tem|)s. Sa morale est principalement stoïcienne ^ mais non exclusivement : elle a suhi l'influence manifeste de l'Acatléinie. du Lycée, et des Pylhafi^oriciens. Sa ihéidogie est plutôt plalonici<'nne, mais elle Test sans parli pris; elle fait aussi des emprunts aux doctrines pythagoriciennes et à la mythologie populaire. C'esl qu'au fiind^ Dion n'est pas un philosophe à proprement parler, c'est-à-dire un homme qui se soucie dv se former un ensemhle d'idées liées sur les vérilés cssenlielles ^ C'(^st tout simplement
1. Citons les i)riiiripaux. Go sont les n»« 1, 2, 3, 4 (Ilep'i ^xaiXeca;), 5 (At6'Jxb; (iCOo:), 6 (Ihpi fjpawîoo;), 7 (Kvooïxo;), li (*0).vjiicix6;). 13 (Ilep\ ç'JYfîç), 32 {IIpô; 'A>£^avûp£t;), 33 (Tap«jixb; Tcpiô-ro;), 3o ('Ev Ke- Xxivxi; Tf,; <ï>pvY:a;), 3(> (nop-o-OcVtTixô;), îiO (Ttôv Èv KiXtxîa iztpl èXey- Ôspia;). Il faut y ajouter un certain nombre de morceaux (jui fipjurent dans le recueil sous des titrc^s (îénôraux (IlEpi SouÀeîa;, llepl XyitTj;, etc.), et qui sembltjnt extraits de discours analogues, aujourd'hui perdus.
2. Voir sur la jirédiratlon dr Dion lo chapitre de C. Martha intitulé : La prédication morale populaire, dans ses Moralistes sousVEmpire romain, onv. cit«* plus haut. — Pour l'appréciation de Dion, consulter E. Wi.Omt, De Dione Chnjsostomo, Leipziger Studien, X, 1887 et H. von Arnim, ouv. cité, ch. v.
3. Syncsios, Dio : *0 S* ojv Aiwv ëotxe. .. ovaaOat tt,; <rcoâ; oaa eîc rfioz Tefvei.
4. Synesios, même pass. : "Eoixs 0£(iDpr,(xaai piÈv tc/vixoî; èv çiXoffop(2 |iT) icpo(rraXai7C(i)pfj(Tai \Lr\lï TcpoaavaKr/Eiv çvatxot; S6Y(xaaiv.
uiH» Ain<» fçonércuse, très éprise de belle morale et d« belle religion. 11 lui semble grand et bon de dégager ses e(>nlejn|K)rains de Tégoïsme, de la frivolité, des passionîr Bensnelles. et de les élever vers un idéal de dignité: il aime à leur montrer les illusions qui les rapetissent et' qui b»s troublent . à leur faire voir combien la vie seraiU meilleure. si (die était plus simple, occupée des cboses qui ont vraiment du prix, éclairée par la réflexion, apai sée par rbumanilé,rmb(dlie par ridéede Dieu. Voilàdans quelesj)rit il repnudie aux Alexandrins leur passion effrénée pour les jeux el leur turbulence parfois cruelle *; aux gens <le Tarse, le laisser-aller de leurs mœurs, leur mauvais»» tenu(\ leurs cbansons licencieuses 2; aux habitants de tlélenes, leur vanité et le prix qu'ils altacbent à la richesse ' : aux (aliciens, leur aveuglement, qui h»s empêche de viûr que» l'homme a en lui-même le moyen de st» rendre libre, en réprimant ses désirs * Sa pensée est (Mictire la même, b»rs(pril retrace, dans son Euhoîqur'^y le tableau de» la vie simple el naïve de deux p«uvn»s chasseurs, isolés dans les montagnes tie TEubée et vivant là, iirnorés et contents dt» peu, sans besoins et sans convoitises. Dans V Olympique *, c'est de religion qu'il traite, car il fait ivvpt^ser par iMiidias lui-nièiney dans une apologie fictive, sa conception de Dieu; mais celte reliirion est pleiiu' Av mt>rale, puisqu'il découvre el montre dans c«» Zeus itléal les plus nobles vertus de rhumanité. l.e ttortjsthvniiiquc lui-même ", malgré la fantaisie très libre du mythe cv»>moloi:ique que Dion prétend axoir raconté à ses naïfs auditeurs de Bi>ryslhênis,
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