PLUTARQUE; SES ŒUVRES MORALES
(oui ce qu'elle peut donner, lui élargit le cœur et lo rend vraiment apte à la société.
Son écrit principal sur Taniitié est perdu *. 11 nous reste une courte esquisse de dissertation Sur le grand nombre des amis (Hef'- TroXu^iXix;), où il montre pourquoi la nature même de Tamitié répugne à la pluralité des amis, et un traité plus développé Sur les moyens de distinguer r ami du flatteur {Hîùi; àv ti; SixxpivauTÔv x6X«xa ToO (pi>.ou). Tout en avouant qu*il y est trop ingénieux, trop occupé à combiner de petits stratagèmes pour dépister les fausses complaisances, (ju'il no voit pas les choses d'assez haut ni assez simplement, il faut reconnaître que de ces deux ouvrages ressort une conception très pure et très noble de la valeur de Tamitié. Co qu'on aimerait à savoir, c'est si l'auteur, à côté de l'amitié proprement dite, depuis longtemps définie, étudiée, prônée par ses prédécesseurs en philosophie, et toujours rare en somme, n'avait pas fait aussi une place dans sa morale à ces formes de camaraderie, de sociabilité, de bienveillance mondaine par lesquelles les hommes se rapprochent les uns des autres. Dans un écrit de nature différente, il a de justes et délicates paroles sur les égards (|u'un collègue doit à son collègue *, et Ton voit, par les Propos de table et par plusieurs de ses dialogues, combien il a goûté le charme et senti le profit des entretiens. Il eut été digne de lui do tirer de là une théorie, afin d'élargir la notion un peu étroite que la philosophie, trop pré()(u:upé(î d'idéal, avait donnée de l'amitié. S'il ne l'a pas fait explicitement dans des pages que nous n'avons plus, on peut
1. Le Hepi ?i>:»; «lont .Stob»'^f nous a cons»*rv«'f qiH'lqu«f» extraits. La plupart sont rapport<''S, il '-st vrai, ï»ar lui k nwt ÏMtre Mur l'amitié, qui était p*^ut-«'tnMlistirirt'MJu traité. Voir Cat-il. <hi Lamprias, n* 82. Flpo; Hi^-^vôv rsp: çi/:»;.