‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 328 sur 605 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LES AXTOXIXS. — LA SOPHISTIQUE ET SOX INFLL'EXCE.

Les Sophistes. Ll's dt'i-hmtution'^ iittribiiêi^s :'i i]iiol<iues-iins des so|)hisles 'iii sei-ond si.k'l»' se trouvent partielleiuetit diins les Oratans grani de Iteiske (l, VI[[i, Leipiti};, ITTO-TS: dans les Oratores attki «le Bokker (t. IV et V), Berlin, 1874. de Dol)son(t- ÏV>, Londre:*. IS?8, de C. Millier (t. II), l'itris, DUlot, 1S;i8. Voir, dans le i-lmpilre niêiiic, les noies biblioi;ruphii|iies relatives si Polénion <-t fi IIiTode Alticiis. Un osseiî urand nombre de fragments sont cités par Philostrale, dnns ses Vies dti SopUsits; ils n'ont pas été réunis à part.

-Elius .\riktii>f,. l'ourles manuscrits, consulter la prùfac»

do l'édition de Bruno Kcil. — La première édition eoiiipUtn

partit à Florenre en I.IIT, par les soins de Bonini. Au xvid'

siècle, Samuel Jc]»li donna nno granile édition en deux volu»

"»es (Oxford, (722-1730), avec les scnlieM et des notes, djs pro-

^ ^Koménes, etc. Celle-ui fut remplacée, cent ans plus ttird, par

«elle de J. Dindorf, ;i vol. in-S", Leipzig, 182!), qui est vestéo

^'Q Usage jusqu'à nos jours; elle contient, outre le texte, des pro.

^yomènes, les scolies, les CoUeclaiici hislorica ad Ariilidis vilain

** J . Masson, diverses préfaces d'éditeurs nntériours, et les té*

^'gnages anciens et réoents sur Aristide ; le texte en est son-

"lt défectueux. L'édition critique i\ employer aujourd'iiui est

'*^H<j de Bruno Kcil, £tii Aristidit •luae snpertiuntomma, endeux

^**'nmes, Berlin, Weidmann, 1898.

■^Iaxime de Tyr. Ivlition princeps.H, Estienno, 13R7. Édi-

544 GHAP. IV. — SOPHISTIQUE SOUS LES ANTONIXS

tion de D. Heinsius, Leyde, 1607-1614, et, avec traduction latine, 1630; de Davis, Ciunbridge, 1703, ot Lon<h*es, 1740; de Reiske, Leipzig, 1 774-1775; de F. Diiebner, jointe à Tliéophraste, dans la Hibliothr<jiie Didot, Paris, 1840. Nous n'avons pas encore d'édition critiiiiie.

Lucien. Manuscrits. Sur los maniiscrils ot leur classen:ent, voir Soninierbrodt, Neue Jahrbmhr fiir Philoloijie, t. I;i0, tasr. 9, où il établit que l'archétype étant perdu, nos luss. sont tous des sources secondaires, niélanj^ées et troublées; leur valeur diffère d'un écrit à l'autre; le texte doit donc être établi pour chaque écrit par la comparaison des lueillours manuscrits, qui sont souvent à corriger. — Kdition>i. La premi(*'re édition est celle de Florence, l490. Les prin«-ipales à signaler ensuite sont: celle de Jlemsterhuys et Reitz, Amsterdam, 1743, achevée à Trêves, en 1740, 4 vol. in-4°, îivec traduction latine, scolies, et notes variorum; colle de Lehmann, Leipzig, 18'2i-J9, en 0 vol. in-8", qui n'est guère qu'une rejiroduction de la précédente dans un foruiat plus maniable : celle de Jacobitz, 4 vol., Leipzig, 1830-41, reproduite et améliorée <lans la Biblioth. Teiibner, 1871-74; celle de G. Dindorf, dans la lUblioth. Didot, Paris, 1840. La meilleure était jusqu'ici l'édition de Fr. Fritzsche, Rostock, 1860-1874. Elle sera remplacée par colle de Sommerbrodt, qui est en cours de publication. — Sommerbrodt a publié aussi une édition classi(jue d'écrits choisis, avec des introductions et des notes, qui est à recommander (AusgewachUe Schriften des Lucian, Herlin, Weidmann, 1860).

Alciphhon. I^a première édition couiplète des Lettres d'Alciphron fut celle de Bergler, Leipzig, 171i), avec une traduction latine et des notes. KUc a été améliorée successivement par Wagner (Leipzig, 1798), par Seiler (Leipzig, 1853, la meilleure édition annotée); par Meineke (Leipzig, 1833. avec des notes critiques), par Ilercher (Epistolographl yrœci de Didot, Paris, 1873, avec traduction latine ot annotation critique).

Poètes. — Pour Dexys le i»éhiégî:te, Maiicellus de SIDA, et les poètes secondaires, voir les notes au bas des pages. — Oppien. Le principal ras. des *A/tsvTix« est le Taurinensis 39, qui offre les scolies les plus complètes. Première édition, Florence, 1515. Avec les Cynégétiques, Venise, Aide, 1517. Principales éditions postérieures : Turnèbe, Paris, 1555; Rittershusius, Leyde, 1597, avec un commentaire; Schneider, Leipzig, 1813, avec des notes critiques; F. S. Lehrs, dans le vol. des Poetœ didactici de la Dibl. Didot, Paris, 184Î, texte

amélioré^ où l'éditeur a prolité des Conjectanea crilica in Oppia^ nam d'Ann. Koejhly (Leipzig, 1838). Les siîolies, avec les paraphrases, ont été publiées dans un autre voL de la môme bibliothèque, à la suite de celles de Théocrite et de Nicandre (par Bussemaker, Paris, i848). — B.vbrius. Manuscrits, Le principal ms. est celui du mont Athos, Athous, qui fut découvert par Minoïde Minas^ en 1843. Un second recueil, que le même Minas prétendit avoir trouvé, fut reconnu pour une falsiûcation G. Wachsmuth, Rhein. Mus, XXIII). Outre les fables de VAlhouSy un certain nombre d'autres, plus ou moins altérées, nous ont été conservées par un ms. du Vatican. Enfin, quelques-unes ont été retrouvées sur des tablettes de cire à Palmyre (Hesseling, Journal of Hellenic studic.<p XIII, 189*2-93). Une paraphrase en prose des fables de Babrius, conservée à Oxford (Paraphrasis Bodltiana), sert à contrôler, et quelcjuefois à compléter, les sources manus(îrites indiquées. Voir la préface de l'édition de Grusius. — Éditions, Première édition, d'après la copie du ms. de TAthos de Minoïde Minas, par Boissonade, Paris, !8'^4. Éditions de Lachmann, Berlin, 1834; de Schneidewin, Leipzig, 1853; de Lewis, Londres 1859, avec le prétendu supplément de Minoïde Minas; de Bergk. dans son Anthologie lyrique, avec le même supplément; d'Eljerhard, Berlin, 1875. P. Knœll, qui ajpublié la paraphrase Bodléienne (Vienne, 1877), a donnéaussi quelques fables nouvelles d'après le ms. du Vatican; elles ont été corrigées par Eberhard, Analecta Babriana, 1879. Édition de Gitlbauer, Vienne, 1882, avec quantité de restitutions purement hypothétiques; de Rutherford, Londres, 1883, avec plusieurs dissertations, des notes critiques, un commentaire et un lexique, ouvrage trr*s recommandable pour l'étude de la langue. La meilleure édition critique aujourd'hui est celle de Crusius, Leipzig, Teubner, 1896, avec des prolégomènes importants; le texte en est reproduit dans une editio minor, qui fait partie de la Biblioth. Teubner, Leipzig, 1897. — Pour les autres poètes nommés, voir les notes au bas des pages.

Rhéteurs, guammairiens, métrigiens, musicographes. Consulter, pour chacun en particulier, les notes au bas des pages. Les textes subsistants d'ouvrages de rhétorique se trouvent dans les Ithetores fjraeci de Walz, et les plus intéressants dans les RUe tores yraeci de Spengel. — Pollux. Les meilleurs mss. sont le Fakkenburgianus et le Parisinus 2670; voir les préfaces des éditions de Dindorfet de Bekker. Première édition : Venise, 1502. Éditions principales : Lederlin et Hems-

Hist. de la Litt. grecque. — T. V. 35

terhuis, 2 vol. in-foL, Ainsterdain, 1706, cttm notis variorum: G. Dindorf, o vol , Leipzig, 182i-, cum notU variorum; Bekkor, Berlin, 1846, texte amélioré sans notes. — Harpocration. Sur lof^ manuscrits, voir la préface de l'édition de Dindorf. Le lexique nous est parvenu sous deux formes, l'une à peu prrs complète, l'autre abrégée. Pour le texte complet, le meilleur ms. est le Homanus C 5-, 17 (.\ do Dindorf); pour l'abrégé, le Paliitinus. Première édition ; Venise, Aide, LiOJ. Éditions i)rincipales : Maussac, Paris, 161 V, avec des notes et une dissertation; Gronovius, Leyde, 1696, avec ses nutes et celles de H. de Valois; Bokker, Berlin, 1833. La meilleure est celle de Ci. Dindorf, 2 vol., in-8% Oxford, IH.'iJ. — Hkimikstion. Sur les manuscrits, consulter lu i)réface de l'élit, des Script, mctriri de Westphal. Les trois meilleurs sont «leux mss. de Cambridge et un de Paris; mais ils ne contiennent pas lessoolies; celles-ci se trouvent dans deux manuscrits d'Oxford, le SnibaHtianus et le Meirmaimianus. Première édition, Florence, Junte, 1326. Les pluti imi)or tantes sont : celle de 'i'urnébe.. Paris, 1553; de Gaisford, Oxford, \^'Mr, onlin de Westphal, dans les Scripton-s melriri, t. I, de la Bibliothèque Teubner, 1860, avec les scolies. Lks pARÉMiociUArnKs. Mss. Bodlciauas et Cohliuianua. — Éditions : Paroemiograpfii fjraeci, éd. Th. Gaisford, Oxford, 1836; Corpus Paroemiographirum graecorum edid. E. I^. von Leutsch et Schneidewin, 2 vol., Gottingaî, 1839 et ISoL

SoMM.^IUli:.

I. liiiportaiico do la sophistiipu*. Ses orij;in»'s. — IL Princii)aux sophistes du SfCuiid siôch' : Nikétès, Scopélieii, Isée ; Secundus, Lollianos, Polénion ; llérode ; s<«s disciples. — 111. Éducation des sophistes. Débit et miniiciuo. Los 'Eni^âiÇei;. Voyages, coiiféronces, puidic. Diverses sortes «le discours. Lettres. Descriptions. Les succès «les sophistes et h-urs mœurs. - IV. .Elius Aristide et Maxime de Tyr, — V. Lucien ; sa vit- ;ses «euvres. — - Vl. Sou rolr. sa vocation satirique. Le moraliste ; l'incrédule ; lu critique. — VIL Son talent. Ksprit et fantaisie. Styh'. — VIII. Ses créations littéraires : le dialo^^'ue ; le pamphlet : h' récit fantastique. Conclusion. — IX. Alciphrun. — X. La poési-* au .seconil siècle. Oppien ; Bahrios ; Straton. — XL La rliétorique. Alexandre, fils dv Nouménios, l'Anonyme dt* Séguior, Théon ; Hermogéneet son œu-

lyPORTASCE DE LV SOPHISTIOVK M^

Poîlux. H.irf»C':ri:i.«n. pArêir.io^ravh:^* : /on^-^biv^^, MiMrioio*.'>> :

Un grand fail iltmiino riiistcuiv do la lillôraturo givo que au second siècle : c*esl la popularité (praot|uierl alors Téloquenoe d'apparat, ctiunue sous le nom «le Sf»phistique. Celte sorte d'éloquence, nuilirré tout le mal qu'on peut en dire à bon droit, est incontestaldemeul la forme d'art la plus remanpiahlc» que le j^énii» grec ait produite dans son dernier âge. Accueillie et saluée a\ec enthousiasme, reconiuie partout comme unt» créai i«)U vraiment nationale, elle a stuilevé. il est vrai, parmi les contemporains déjà, des criticpies acerln^s, t»t justifiées; mais, outre qu'elle a exercé son iulluenci* wur ceux-mémes qui la combattirent, la guern* <prilH lui ^nt faite prouv.e doublement sa puissanci»; d'abiUNl parce qu'on n'attatpie point avec un(» telle vioh»nce ce *|ui est sans force; ensuite, parce i\\\v\\ déjiit dc^s raillei^ies et des réactions, elle a maintenu son autorité sur l'csprit grec jusqu'aux derniers temps, (le que nouM i^vonsà étudier en elle, c'est donc tout autre chose (pj'iine n^ode brillante, mais éphémère ; c'est en réalité l'iuie ics phases importantes et décisives de l'évolution qui u ïï^ené la littérature hellénique à sa lin *.

1. Les princifiaux ']ocuin<;ritft arir;i<:iis sur !<• Hijj':t )^^•. trouvant disptrrsés chez l'fs auteurs 'lu teiniiH qui neront clt<''H siu fur et k ini-sar»? «lans re chdpitr«r, en parti»; ulier rhez l'hiloHtrute, V'm^ tU» Sophiêlei. On peut consulter, aujounJ'hui encore, la compilation t\it CresolJi, Thealmm veterum rhetorum, oralofum, d-*r.Uimalin'um, *:\r , (Paris, J62ji. Cornîne éludes Mio'lern<;H, f.\'j,uM\(»u% Wenterinann^ iitÊchir.kle d. b^redtatnk^ 'f iLrï\t/,r/, 1 V; 3 », $ ft » e t -, «j i v , ; 1 " *, c orn f n e n iairrs •leKayç-r sur h:n Vie$ «J*,- Philoïtrite 'Jan« *on /-Jifion 'Je

La sophistique est issue naturellement de la traditio d*ajl des siècles classiques, sous l'influence des conditions sociales propres à la période de TEmpire. Elle a dû sa naissance, par conséquent, à la fois à des causes intérieures et à des causes extérieures; c'est aux premières qu*il faut attribuer l'importance principale.

L'art littéraire, constamment excité et cultivé en Grèce ,peQdant la période classique, en même temps qu'il créait au proût des générations suivantes une richesse extraordinaire d'idées et de mots, leur avait enseigoé lesmoy'ensde les multiplier encore. Cette richesse acquise et cette facilité à l'augmenter étaient, pour ainsi dire, inhérentes à la langue mémo et à la littérature; de telle sorte qu'elles passaient, avec cette langue et cette littérature, à tous ceux qui recevaient la culture grecque, quelle que fut d'ailleurs leur nationalité. C-étail une partie de Thellonisme, la plus brillante et la plus fleÎBte de séduction. Tout esprit bien doué, qui faisait des auteurs grecs, poètes et prosateurs, sa nourriture ietcUectuelle^ acquérait ainsi une souplesse et une fijiessie nouvelles : ce vocabulaire, si varié, apportait avec lui tout un monde de pensées et de sentiments; cette littérature^ si inventive, éveillait l'invention. En tout geure, des modèles qui provoquaient l'imitation, milie souvenirs curieux pour orner la mén\oire, des rCMftes tracées d'avance au raisonnement, toutes sortes d'^e^ecaples à suivre et de thèmes à développer. Par là s'entretenait une ambition littéraire fondée sur la conscience de ressources vraiment nierveilleuses.

lorsque Theliénisme, au premier siècle de l'Empire, reprit complètement, dans la paix, le sentiment de sa

4888 ; BerHhardy, Gesch. d. Griech. Ull., t. I, p. 509 : un bon chapitre d'Erwin Rohde, Dergriechische Roman, Leipzig, 1876, (chap. III); les tomes II, III, IV d^^Schmidt, de.r AUicismus, et l'Introduction du livre de H. von Arnim sur Dion de Pruse.

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