‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 333 sur 605 · Philostr. V, des Soph · texte numérisé non relu

Philostr. V, des Soph

ÉDUCATION DES SOPHISTKS 557

honneurs, à leur acUvilô rinlluenoe el lo niauienionl des grandes atTaires.

Mais l'éducation donnée à tous ne suflisail pas i\ fairo le sophiste do profession. Outre les exercices préparatoires qui constituaient Tensei^i^nenient ordinaire de l^^• cole, il devait pratiquer des exercice*s spéciaux et quotidiens, qu'il n'abandonnait jamais impunément . ahu'M même qu'il était en pleine possession de son tahMil.

En premier lieu, des lectures incessantes. Le sophiste avait besoin do connaître à fond Tliistoire polititpie ih^ la Grèce, depuis le temps de Solon jusqu'il hi ukuM d'Alexandre; car les sujets qu'il avait à traiter, souvent i\ rimproviste, étaient presque toujours empruntés h cello période. Il acquérait cette connaissance par la leclurn des historiens et des orateurs de l'a^e classique, qui devaient lui être familiers. 11- fallait éi^alement qu'il tùi au courant des lois, institutions, usa^rs du même, lemps, et qu'il eut en mémoin; le plus possible, de faitM curieux, de légendes, d'anecdotes ; mais tout cela s'acquéniit |iur les mêmes lectures, et l'érudition proprement dil«* lui était étrangère. Outre les historiens et les orateurs, moii éducation première lui avait fait coiinaitre hts philoMo phes et les poètes. C'était son intérêt d'entn^t«'iiiret d'au^ menter .sans cesse celle comiai.'^saiice *; car il tirait do tels sijuvenirs quantité d'idées, de raisons, d'allunioiiM, de citations directes ou indirecte.-», d'imitationn avouéen ou dissimulées, «^ans levjuelles ?»on art eût été imi/^iHHible. Quant à 1 ob'^ervation directe tU-s cho-^en et den hom mes, c'était '-e qui lui imjx^rtait h- moin-, car il n en avait que f'iire.

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558 GHAP. IV.— SOPHISTIQUE SOUS LES AXTONIXS

Tous ces matériaux, ses maîtres de rhétorique lui avaient appris dès sa jeunesse à les mettre en œuvre par l'invention^ la disposition et l'élocution. Mais la pratique seule pouvait développer et entretenir en lui rhabileté spéciale dont il avait besoin. Aussi, tous les sophistes en renom s*exerçaient-ils constamment, soit à improviser, soit à méditer, soit à écrire. Isée passait toutes ses matinées à préparer ses discours * ; Scopélien travaillait la nui! -: Hcrode Atticus, jusque dans sa vieillesse, déclamait quotidiennement devant un cercle d'élèves choisis'. Grâce à ce labeur incessant, leurs facultés oratoires se développaient prodigieusement. I/usage rapide de toutes les ressources de l'art passait chez eux à l'état d'instinct. Un sujet leur étant donné, ils en voyaient immédiatement les principaux aspects, les divisions possibles: à mesure qu'ils le traitaient, les pensées de détail leur apparaissaient sous la forme à la mode, et la phrase se modelait avec une facilité merveilleuse. Lorsque Polémon, dans l'improvisation, tournait une période savante, il souriait en arrivant au dernier membre, de manière à laisser voir qu'il exécutait ce tour de force sans la moindre peine *. La vraie réflexion n'est lente que parce qu'elle va au fond des choses; eux, qui ne se souciaient ni do sincérité ni de profondeur, satisfaits d'un ordre superficiel et d'une invention spécieuse, acceptant tout ce qui brillait, sans scrupule de goût ni de vérité, finissaient par vibrer au plus léger contact, pour se répandre ensuite à rinfini en vaines sonorités.

Dans cette éloquence toute tournée vers l'effet, le débit, qui faisait impression sur le public, était, après Tin-

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